dimanche 30 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402621 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, la société par actions simplifiée (SAS) DTTG, représentée par Me Bidault, doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Somme en date du 20 juin 2024 prononçant la fermeture administrative temporaire du débit de boissons et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle ne pourra exercer aucune activité pendant sept jours malgré différents évènements intervenant au cours de cette période de fermeture administrative dont un anniversaire prévu au dernier jour de la fermeture et alors que sa situation économique est caractérisée par une faible trésorerie ;
- l'arrêté litigieux porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale résultant de la liberté d'entreprendre et de la liberté du commerce et de l'industrie ;
- il est entaché de plusieurs illégalités tirées de l'insuffisante motivation et de la disproportion de la mesure de fermeture retenue.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Beaujard, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en cas d'absence ou d'empêchement, comme en l'espèce, des magistrats satisfaisant à la condition de grade visée à l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La société DTTG, qui exploite à Abbeville (Somme) un débit de boissons, sous l'enseigne " L'imprévu ", doit être regardée comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 20 juin 2024, par lequel le préfet de la Somme a prescrit, sur le fondement de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, la fermeture de cet établissement pour une durée de sept jours en raison de quatre tapages nocturnes survenus entre les mois de mars et de mai 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ".
3. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement des dispositions précitées et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai. Ces mesures doivent, en principe, présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.
4. Enfin, selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
5. La société DTTG soutient que la mesure de fermeture administrative, pour une période de sept jours entre les 1er et 7 juillet 2024, prise à son encontre par le préfet de la Somme menace gravement son fragile équilibre financier. Toutefois, pour en justifier, elle se borne à produire des relevés de comptes portant sur les mois de février à mai 2024 et à invoquer, sans autre précision, l'organisation d'un anniversaire le 7 juillet, ainsi que des évènements publics extérieurs au cours de cette semaine. Ainsi, et en l'absence notamment de document comptable suffisamment précis permettant d'apprécier la situation financière et économique globale de la société, il n'est pas justifié d'une situation économique fragile ou dégradée à un point tel que, notamment par défaut de trésorerie et pour une fermeture prononcée pour une durée limitée à sept jours, la société DTTG serait exposée à un risque économique. Par conséquent, alors que la perte de chiffre d'affaires est inhérente à la mise en œuvre par l'autorité administrative du pouvoir que lui confèrent les dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, la condition d'une urgence particulièrement caractérisée, telle que la requiert l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour justifier une intervention à très bref délai du juge des référés, n'est pas remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS DTTG doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SAS DTTG est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée DTTG.
Copie en sera adressée au préfet de la Somme.
Fait à Amiens, le 30 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
V. BEAUJARD
La République mande et ordonne au préfet de la Somme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026