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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402622

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402622

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402622
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLOISON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 juin et 1er juillet 2024, M. A B, représenté par Me Loison, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal :

- d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Afghanistan comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

- d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;

- d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée du réexamen de sa situation par la Cour nationale du droit d'asile ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait définitivement statué sur sa demande d'asile ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son avocate, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les arrêtés attaqués ont été pris par une autorité incompétente ;

- ces arrêtés sont insuffisamment motivés en fait ;

- ces arrêtés sont entachés de défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- ces arrêtés méconnaissant les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le refus de sa demande d'asile a été contestée devant la Cour nationale du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison des risques qu'il encourt en cas de retour en Afghanistan ;

- la décision lui refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision d'éloignement doit être suspendue dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile sur sa situation en application de l'article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La préfète de l'Oise a produit des pièces le 1er juillet 2024 mais n'a pas présenté d'observations.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. Richard pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Richard, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant afghan né le 20 mai 1997, soutient être entré sur le territoire français le 18 août 2022. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 31 juillet 2023 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 23 février 2024. Le 29 avril 2024, il a demandé le réexamen de sa demande d'asile qui a été rejeté le 3 mai 2024 par l'OFPRA. A la suite d'un contrôle des services de police durant lequel il a été constaté que l'intéressé ne disposait plus du droit de se maintenir sur le territoire français, la préfète de l'Oise, par deux arrêté du 27 juin 2023, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Afghanistan comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Beauvais pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure. M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés ou, à titre subsidiaire, la suspension de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :

" Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés attaqués :

4. En premier lieu, les arrêtés attaqués ont été signés par M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, lequel disposait pour ce faire d'une délégation de signature de la préfète de l'Oise en date du 30 octobre 2023 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés en litige doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français précise les éléments de sa situation personnelle et familiale que la préfète a pris en compte et notamment la circonstance que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA et que sa demande de réexamen a été également rejetée par l'OFPRA. Par ailleurs, en indiquant que M. B était de nationalité afghane et n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, la préfète a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de destination. En outre, la décision refusant à

M. B le bénéfice d'un délai de départ volontaire précise les éléments de sa situation personnelle et familiale que la préfète a pris en compte pour l'édicter, notamment les raisons pour lesquelles existe un risque que l'intéressé se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. De plus, la décision interdisant M. B de retour sur le territoire français mentionne la date d'entrée sur le territoire français du requérant, la nature de ses attaches en France ainsi que les circonstances qu'il n'avait pas fait l'objet de mesures d'éloignement préalable et que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Enfin, l'arrêté assignant M. B à résidence précise les éléments de sa situation personnelle et familiale que la préfète a pris en considération et notamment la circonstance que l'intéressé a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle un délai de départ volontaire n'a pas été accordé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait des arrêtés attaqués doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation des arrêtés attaqués ni d'aucune autre pièce du dossier que la situation personnelle de M. B n'ait été dument prise en compte. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de cette dernière doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ".

8. Il ressort des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative oblige un ressortissant étranger à quitter le territoire français ainsi que les autres décisions qui lui sont assorties. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. En tout état de cause, il ressort du procès-verbal d'audition de M. B par les services de police du 27 juin 2024 que l'intéressé a été invité à présenter des observations à propos du fait qu'il pourrait faire l'objet d'une mesure d'éloignement, assortie d'une assignation à résidence et d'une interdiction de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

10. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes / () b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32 () ". Aux termes de l'article L. 531-32 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : / () 3° En cas de demande de réexamen lorsque, à l'issue d'un examen préliminaire effectué selon la procédure définie à l'article L. 531-42, il apparaît que cette demande ne répond pas aux conditions prévues au même article ". Aux termes de l'article L. 531-42 du même code : " A l'appui de sa demande de réexamen, le demandeur indique par écrit les faits et produit tout élément susceptible de justifier un nouvel examen de sa demande d'asile. / L'Office français de protection des réfugiés et apatrides procède à un examen préliminaire des faits ou des éléments nouveaux présentés par le demandeur intervenus après la décision définitive prise sur une demande antérieure ou dont il est avéré qu'il n'a pu en avoir connaissance qu'après cette décision. / Lors de l'examen préliminaire, l'office peut ne pas procéder à un entretien. / Lorsque, à la suite de cet examen préliminaire, l'office conclut que ces faits ou éléments nouveaux n'augmentent pas de manière significative la probabilité que le demandeur justifie des conditions requises pour prétendre à une protection, il peut prendre une décision d'irrecevabilité ".

11. Il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA a rejeté la demande de réexamen de la demande d'asile de M. B sur le fondement du 3° de l'article L. 531-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la circonstance que les éléments nouveaux qu'il présentait n'augmentaient pas de manière significative la probabilité qu'il justifie des conditions requises pour prétendre à une protection. Dès lors, le droit au maintien sur le territoire français de l'intéressé a pris fin en application du b du 1° de l'article L. 542-2 du même code. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaîtrait les dispositions précitées du 4° de l'article L. 611-1 de ce code.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

13. M. B n'établit pas, par les pièces qu'il produit, être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine alors qu'au demeurant sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA, ainsi qu'il a été dit. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations et dispositions citées au point précédent.

14. En septième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à

L. 743-15 et L. 751-5 ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déclaré, lors de son audition par les services de police le 27 juin 2024, n'avoir comme document d'identité qu'une photographie de son acte de naissance, être sans profession et sans domicile fixe et souhaiter demeurer en France. Dans ces conditions, la préfète a pu considérer qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes sans méconnaitre les dispositions précitées du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, elle a légalement pu refuser d'accorder à l'intéressé le bénéfice d'un délai de départ volontaire, à supposer même qu'elle ne pouvait considérer que M. B ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour.

16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués.

Sur les conclusions à fin de suspension de l'arrêté obligeant M. B à quitter le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 752-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision ". Aux termes de l'article L. 752-11 de ce code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision de la CNDA ait été rendue sur le recours que l'intéressé a introduit contre la décision de l'OFPRA du 3 mai 2024. Dans ces conditions, M. B peut utilement se prévaloir des dispositions citées au point précédent afin d'obtenir la suspension de l'exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire français sur le fondement. Toutefois, M. B ne fait état d'aucun élément de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours par la CNDA. Par conséquent, ses conclusions à fin de suspension de la décision d'obligation de quitter le territoire français litigieuses doivent être rejetées.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de suspension présentées par M. B doivent être rejetées. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et

L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Loison et à la préfète de l'Oise.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire d'Amiens.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

J. Richard

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 240262

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