vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, M. B A, représenté par Me Homehr, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 10 juin 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer sa carte professionnelle renouvelée ou subsidiairement sur ce point une autorisation provisoire d'exercice, dans un délai de sept jours et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité et de l'Etat la somme de 1500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que cette décision lui fait perdre son emploi et toute ressource ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- le signataire de la décision est incompétent pour ce faire ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait ou une erreur d'appréciation dès lors qu'il vit sur le territoire français depuis 2007, a toujours détenu des titres de séjour ;
- la décision est entachée d'erreurs de droit dès lors que le code de la sécurité intérieure ne prévoit pas la condition de détention d'un titre de séjour depuis cinq ans pour ce qui concerne les demandes de renouvellement et qu'il est en situation régulière en France depuis plus de 15 ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2402638, enregistrée le 28 juin 2024, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code civil ;
- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 12 juillet à 10 heures.
Après avoir lu son rapport et entendu au cours de l'audience publique en présence de Mme Wrobel, greffière d'audience :
- les observations orales de Me Porcher, représentant M. A ;
- les observations orales de M. A.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
2. Il résulte de l'instruction que M. A a disposé de certificats de résidence algériens entre le 3 avril 2007 et la date de sa naturalisation française par décret du 12 décembre 2013. Par un autre décret du 26 décembre 2019, cette nationalité lui a été retirée pour fraude. Le recours de M. A dirigé contre ce décret a été rejeté par décision du Conseil d'Etat du 18 décembre 2020. Il n'a sollicité un nouveau titre de séjour que le 17 février 2021 alors qu'il ne jouissait plus de la nationalité française depuis le 26 décembre 2019, les décisions de retrait de la nationalité française prenant effet à la date de leur signature, en application de l'article 63 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française. Il est employé en tant qu'agent de sécurité au sein de la société Samsic Sécurité depuis le 1er mai 2009. Il a demandé le renouvellement de sa carte professionnelle le 4 mars 2024, qui lui a été refusé par la décision attaquée du 10 juin 2024, dont il demande la suspension de l'exécution.
3. Pour soutenir qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, le requérant fait valoir en premier lieu que le signataire de la décision est incompétent pour ce faire ; en deuxième lieu que la décision est insuffisamment motivée ; en troisième lieu que la décision est entachée d'une erreur de fait ou une erreur d'appréciation dès lors qu'il vit sur le territoire français depuis 2007 et a toujours détenu des titres de séjour ; en quatrième lieu que la décision est entachée d'erreurs de droit dès lors d'une part, que le code de la sécurité intérieure ne prévoit pas la condition de détention d'un titre de séjour depuis cinq ans pour ce qui concerne les demandes de renouvellement et d'autre part, qu'il est en situation régulière en France depuis plus de 15 ans, le 4°bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ne peut donc lui être applicable. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de la requête de M. A doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction et celles fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative par voie de conséquence.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Amiens, le 12 juillet 2024,
Le juge des référés,
Signé :
B.BoutouLa greffière,
Signé :
N.Wrobel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026