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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402709

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402709

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402709
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté par lequel le maire de la commune de Guillemont ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux DP 080 401 24 S0002 déposée le 14 mai 2024 par la société SFR pour la construction d'une station de téléphonie mobile sur le territoire de cette commune.

Il soutient que :

- il justifie, ainsi que les autres habitants co-signataires du recours tendant à l'annulation de cette décision, d'un intérêt à agir suffisant compte tenu des nuisances visuelles et paysagères provoquées par cette installation située à moins de 100 mètres de son habitation et de la perte de valeur vénale de son bien qui en résultera ;

- les riverains n'ont reçu aucune information sur ce projet préalablement à l'affichage de la déclaration préalable sur le terrain d'assiette ;

- il n'a pas encore été mis en possession de l'entier dossier de déclaration préalable en dépit de sa demande au maire ;

- la communauté de communes de la Haute Somme ne peut être regardée comme ayant donné un avis favorable à ce projet en l'absence de concertation avec les riverains et d'accord du conseil municipal de Guillemont.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. En premier lieu, pour demander au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté par lequel le maire de la commune de Guillemont ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux DP 080 401 24 S0002 déposée le 14 mai 2024 par la société SFR pour la construction d'une station de téléphonie mobile sur le territoire de cette commune, M. B, après avoir exposé les considérations justifiant de son intérêt à agir, soutient que, contrairement aux mentions figurant dans cet arrêté, l'avis donné le 30 avril 2024 par la communauté de communes de la Haute Somme ne peut être regardé comme un avis favorable à ce projet dès lors que n'ont été obtenus ni l'accord des riverains ni celui du conseil municipal de la commune de Guillemont. Toutefois si le courrier du 30 avril 2024 de la communauté de communes joint à la requête, qui indique expressément aux services instructeurs qu'elle émet un avis favorable sur le projet, invite également ces derniers à s'assurer de l'existence de tels accords, il ne résulte pas des termes mêmes de ce courrier, toutefois, que le caractère favorable de cet avis serait conditionné à leur obtention.

3. En deuxième lieu, si le requérant indique qu'aucune concertation n'a été engagée avec les riverains ni aucune information ne leur a été donnée avant l'affichage de la déclaration préalable de travaux sur le terrain d'assiette, il ne se prévaut d'aucune disposition ni principe posé par la réglementation de l'urbanisme qui aurait été méconnu de ce seul fait.

4. Enfin, la circonstance, avancée par le requérant, qu'il n'a pu obtenir à ce jour communication de l'entier dossier déposé par la société SFR, est, sans incidence, par elle-même, sur la légalité de l'arrêté contesté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, au demeurant irrecevable en l'état, faute d'être revêtue de la signature de son auteur, est manifestement mal fondée. Par suite, elle doit être rejetée, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans préjudice, pour le requérant de la possibilité de saisir de nouveau le juge des référés, s'il s'y croit fondé.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Amiens, le 15 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé :

C. BINAND

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402709

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