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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402719

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402719

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402719
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCHAYÉ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2024, M. D Kouskous, représenté par Me Chayé, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté la demande d'autorisation de travail présentée par la société Ben et Slim Barber pour M. A B ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de travail provisoire dans l'attente de la décision au fond, dans un délai de 7 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la demande d'autorisation de travail a été déposée alors que le titre de séjour de M. B était toujours valide, que l'instruction de cette demande n'a pas été faite avec " assiduité " dès lors que l'administration a retenu à tort que M. C, sous le contrôle duquel M. B doit exercer ses fonctions, travaille à temps partiel alors que l'employeur avait précisé que son contrat de travail avait été modifié en contrat à temps plein ; que M. B est privé de son droit à travailler alors qu'il remplit toutes les conditions pour obtenir une autorisation de travail et un titre de séjour en qualité de salarié ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 121-1 et R. 121-1 et suivants du code de l'artisanat dès lors que M. B exercera ses fonctions sous le contrôle effectif et permanent de M. C qui est coiffeur qualifié employé en CDI à temps plein ;

- elle est privée de base légale dès lors qu'il remplit toutes les conditions de l'article R. 5221-20 du code du travail ;

- la délivrance d'une autorisation de travail lui est nécessaire en vue d'une demande de changement de statut afin d'obtenir un titre de séjour en qualité de salarié au lieu d'un titre en qualité de travailleur saisonnier.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Galle vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

3. Pour demander au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté la demande d'autorisation de travail présentée par la société Ben et Slim Barber concernant M. A B, M. Kouskous, président de la société Ben et Slim Barber, se borne à soutenir que la demande a été mal instruite car l'administration a cru à tort que le salarié sous le contrôle duquel M. B devant exercer ses fonctions de coiffeur travaillait à temps partiel alors qu'il travaille à temps complet. Elle soutient également que M. B est privé de son droit à travailler alors qu'il remplit toutes les conditions pour obtenir une autorisation de travail puis une carte de séjour temporaire en qualité de salarié, en lieu et place de sa carte de séjour de travailleur saisonnier.

4. Toutefois, à les supposer établis, aucun de ces éléments ne permet d'établir l'existence d'une atteinte grave et immédiate à la situation de M. Kouskous, requérant, ou à celle de la société qu'il dirige et qui a présenté la demande d'autorisation de travail litigieuse. Dans ces conditions, M. Kouskous n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de tout qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si l'un au moins des moyens soulevés est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux, que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. Kouskous sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. Kouskous est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D Kouskous.

Copie en sera adressée pour information à la préfète de l'Oise.

Fait à Amiens, le 12 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé :

C. Galle

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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