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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402731

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402731

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402731
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantORBATA AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024, M. C D, représenté par la SELARL Orbata Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Laon, au sein duquel sa résidence est fixée au 4 résidence Montreuil bâtiment 3 à Laon (02000), pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et professionnelle ;

- la décision méconnait son droit à une vie privée et familiale.

Par un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés le 9 juillet 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête, à titre principal comme étant irrecevable et, à titre subsidiaire, comme étant non fondée.

Il fait valoir :

- à titre principal, que la demande d'annulation de la décision attaquée dans le cadre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable à la date de l'arrêté attaqué ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les requêtes relevant des procédures mentionnées aux articles L. 352-4, L. 352-5, L. 352-6, L. 352-8, L. 352-9, L. 614-1 et suivants, L. 732-8, L. 743-20, L. 754-4, L. 754-5, L. 753-7 et suivants, L. 572-4, L. 572-5,

L. 572-6, L. 752-5, L. 752-6, L. 752-11 et L. 752-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant tunisien né le 15 octobre 1972, est entré sur le territoire français dépourvu de visa le 27 octobre 2017 selon ses déclarations. Il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ de trente jours prise le

23 octobre 2023. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Laon, au sein duquel sa résidence est fixée au 4 résidence Montreuil bâtiment 3 à Laon (02000), pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.

2. En premier lieu, contrairement à ce que soutient M. D, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Aisne n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de sa situation personnelle et familiale avant de prendre la décision attaquée.

3. En second lieu, si une décision d'assignation à résidence prise en application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et, notamment, préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même. D'autre part, les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, à savoir s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.

4. L'arrêté attaqué assigne à résidence M. D dans l'arrondissement de Laon, au sein duquel sa résidence est fixée au 4 résidence Montreuil bâtiment 3 à Laon (02000), adresse qui est la sienne à la date de l'arrêté attaqué, lui fait obligation de se présenter deux fois par semaine, y compris les jours fériés, au commissariat de police de Laon à 09h30 les mardi et vendredi et lui interdit de sortir de l'arrondissement de Laon, pour une durée de quarante-cinq jours. Si l'intéressé se borne à soutenir que l'arrêté attaqué porte atteinte à sa vie professionnelle, sans au demeurant assortir ses allégations de précisions, en tout état de cause outre qu'il n'a pas vocation à poursuivre sa carrière en France il n'établit pas dans quelle mesure il serait d'empêcher d'exercer son activité professionnelle. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué fasse obstacle à la poursuite de la vie commune de l'intéressé avec son épouse Mme A B. Dans ces conditions, M. D, qui n'établit ni avoir d'autres impératifs aux heures durant lesquelles il doit se présenter au commissariat ni ne pouvoir demeurer dans l'arrondissement de Laon, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté l'assignant à résidence serait disproportionné et méconnaîtrait son droit au respect de sa vie privée et familiale.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir, que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Laon, au sein duquel sa résidence est fixée au 4 résidence Montreuil bâtiment 3 à Laon (02000), pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n° 2402731 présentée par M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de l'Aisne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

F. Wavelet

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies d'exécution de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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