jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | WACQUIER LOUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 8 et 16 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Wacquier, avocat commis d'office, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise a fixé le pays à destination duquel il doit être renvoyé en exécution d'une mesure d'interdiction judiciaire du territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation au regard des critères du 3° de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;
- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête, à titre principal en tant qu'elle est irrecevable et à titre subsidiaire en tant qu'elle est non fondée.
Elle fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable pour défaut de motivation, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les requêtes relevant des procédures mentionnées aux articles L. 352-4, L. 352-5, L. 352-6, L. 352-8, L. 352-9,
L. 614-1 et suivants, L. 732-8, L. 743-20, L. 754-4, L. 754-5, L. 753-7 et suivants, L. 572-4, L. 572-5, L. 572-6, L. 752-5, L. 752-6, L. 752-11 et L. 752-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné,
- et les observations de Me Wacquier, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Selon ses allégations, M. A B, ressortissant grec, est entré sur le territoire français le 17 mars 2024, jour de son interpellation par les services de police pour transport de marchandise dangereuse pour la santé publique (stupéfiants) sans document justificatif régulier, détention et transport non autorisés de stupéfiants. Par un jugement du 27 mars 2024 du tribunal correctionnel de Senlis, il a été condamné à 12 mois d'emprisonnement et une interdiction de se rendre sur le territoire français pour une durée de 10 ans a été prononcée à son encontre. Par un arrêté du 25 juin 2024 dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a fixé le pays à destination duquel M. B doit être renvoyé en exécution de la mesure d'interdiction judiciaire du territoire français précitée.
2. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté attaqué, qui mentionne notamment qu'il n'est pas connu comme demandeur d'asile, qu'il ne ressort pas de l'examen de sa situation que sa vie ou sa liberté serait menacée en Grèce ou encore qu'il n'a formulé aucune observation dans le cadre d'un débat contradictoire préalable sur la perspective de son éloignement en Grèce, pays dont il a la nationalité, et alors que l'autorité préfectorale n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé, est suffisamment motivé en fait. Le moyen doit ainsi être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Par ailleurs, aux termes du 1er paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
5. En l'espèce, si le requérant soutient qu'il réside habituellement depuis 2013 aux Pays-Bas avec sa compagne et leurs deux enfants de 7 et 9 ans, il n'établit pas ses allégations par la production de pièces en ce sens. Par ailleurs, à supposer cette circonstance établie, il ne justifie en tout état de cause, au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que les Pays-Bas lui auraient délivré, en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral, un document de voyage en cours de validité, ni qu'il serait légalement admissible dans ce pays. En outre, il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal de son audition du 24 juin 2024, que la compagne du requérant est également de nationalité grecque dont il n'est ni établi ni même allégué qu'elle séjournerait régulièrement aux Pays-Bas avec leurs deux enfants. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ne pourrait pas reconstituer sa cellule familiale en Grèce, où résident toujours ses parents et ses frères ainsi que cela ressort du procès-verbal précité. Dans ces conditions, alors que l'arrêté attaqué n'a pas pour objet de séparer l'intéressé de sa compagne et de ses enfants, en fixant la Grèce, dont il a la nationalité, comme pays à destination duquel il doit être renvoyé en exécution de la mesure d'interdiction judiciaire du territoire français dont il fait l'objet, la préfète de l'Oise ne peut en l'espèce être regardée comme ayant méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1er paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation. Les moyens doivent ainsi être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise a fixé la Grèce comme pays à destination duquel il doit être renvoyé en exécution de la mesure d'interdiction judiciaire du territoire français dont il fait l'objet. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. WaveletLa greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026