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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402835

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402835

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402835
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, M.A B, représenté par Me Chartrelle demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de donner suite à sa demande du 21 mars 2024 tendant à ce que sa demande de titre de séjour soit instruite et qu'il lui en soit délivré récépissé ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à l'instruction de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé pour la durée de cette instruction dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 26 juin 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ()".

2. M. B n'établit nullement avoir déposé une demande de titre de séjour le 30 mars 2022 comme il l'allègue, dès lors qu'il ne produit pas l'accusé de réception de cette demande qu'il indique avoir envoyée aux services préfectoraux qui, selon ce qui ressort des pièces produites, ne l'ont pas davantage reçue et n'ont retrouvé aucune trace d'une demande de titre. Par suite, ses conclusions demandant l'annulation d'une décision implicite de rejet refusant d'instruire cette demande et d'en délivrer récépissé sont dépourvues d'objet et sont manifestement irrecevables. La requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

3. En second lieu, aux termes de l'article 50 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :

" Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / () / 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable ; () ". Aux termes de l'article 51 de la même loi : " Le retrait () est prononcé : / () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50 ". Aux termes des deux derniers alinéas de l'article 65 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 : " () Lorsque la procédure engagée par le bénéficiaire de l'aide a été jugée dilatoire, abusive ou manifestement irrecevable, le retrait est prononcé par la juridiction saisie qui en avise le bâtonnier et le bureau d'aide juridictionnelle. / Le retrait entraîne l'obligation, pour le bénéficiaire, de rembourser le montant des frais exposés par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle "

4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2, que la procédure au fond engagée par

M. B bénéficiant de l'aide juridictionnelle, est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de retirer l'aide juridictionnelle accordée à M. B par la décision susvisée du bureau d'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré à M. B.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B

et à Me Chartrelle.

Copie en sera adressée pour information au bâtonnier de l'ordre des avocats d'Amiens et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire d'Amiens.

Fait à Amiens, le 8 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Signé

B. Boutou

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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