vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | RUIZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 et 19 juillet 2024, Mme C B, représentée par Me Ruiz, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel le ministre de l'intérieur et des Outre-mer lui a interdit de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Camon sous réserve de ses déplacements professionnels sur son lieu de travail situés rue Le Tintoret à Amiens et de son obligation de se présenter une fois par jour au commissariat de police d'Amiens à 07h00, l'a obligé à obtenir un sauf-conduit pour tout déplacement en dehors du périmètre géographique autorisé et à déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation, pour une durée de trois mois à compter de sa date de notification, soit jusqu'au
3 octobre 2024 ;
2°) de condamner l'Etat à verser une somme de 1 200 euros à son avocat sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, faute d'indiquer le nom et la qualité de son signataire ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence, dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature à cette fin ;
- elle renonce au moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché de vice de procédure, dès lors que le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent n'ont pas été préalablement informés ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure, dès lors, d'une part, que son comportement ne constitue pas une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics, dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet de condamnation pénale pour des faits de nature terroriste et que l'administration ne fait état d'aucun risque de passage à l'acte et, d'autre part, qu'elle n'est pas en relation de manière habituelle avec des personnes ou organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, ni ne soutient, diffuse ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes ;
- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'il a pour seul but de prendre des mesures de sécurité afin d'assurer le bon déroulement des jeux olympiques ;
- l'arrêté attaqué porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, compte tenu de la mesure ordonnée et de son obligation de se présenter à 07h00 au commissariat d'Amiens ;
- l'arrêté attaqué fixe des mesures disproportionnées et portant atteinte à son droit à la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle ne pourra notamment pas accompagner sa fille aînée à son établissement scolaire à compter du 2 septembre 2024, qu'elle ne peut effectuer de déplacements professionnels et que l'heure à laquelle elle est contrainte de se présenter au commissariat d'Amiens est de nature à perturber sa fille cadette âgée de trois ans.
Par un mémoire, enregistré le 17 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 24 juillet 2024 n'ayant pas été soumis au contradictoire sur le fondement de l'article L. 773-9 du code de justice administrative, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a produit l'original de la décision attaquée ainsi que les justificatifs de la compétence de son auteur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Richard, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, requérante, ainsi que celles de M. A, directeur de cabinet du préfet de la Somme, représentant le ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Le ministre de l'intérieur a présenté une note en délibéré le 25 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel le ministre de l'intérieur et des Outre-mer lui a interdit de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Camon sous réserve de ses déplacements professionnels sur son lieu de travail situés rue Le Tintoret à Amiens et de son obligation de se présenter une fois par jour au commissariat de police d'Amiens à 07h00, l'a obligée à obtenir un sauf-conduit pour tout déplacement en dehors du périmètre géographique autorisé, et à déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation, pour une durée de trois mois.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Selon l'article L. 773-9 du code de justice administrative, applicable au contentieux des décisions administratives fondées sur des motifs en lien avec la prévention d'actes de terrorisme : " Les exigences de la contradiction mentionnées à l'article L. 5 sont adaptées à celles de la protection de la sécurité des auteurs des décisions mentionnées au second alinéa de l'article
L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. / Lorsque dans le cadre d'un recours contre l'une de ces décisions, le moyen tiré de la méconnaissance des formalités prescrites par le même article L. 212-1 ou de l'incompétence de l'auteur de l'acte est invoqué par le requérant ou si le juge entend relever d'office ce dernier moyen, l'original de la décision ainsi que la justification de la compétence du signataire sont communiqués par l'administration à la juridiction qui statue sans soumettre les éléments qui lui ont été communiqués au débat contradictoire ni indiquer l'identité du signataire dans sa décision ".
3. Il ressort de l'examen de l'original de la décision attaquée et des justificatifs de la compétence de son auteur, lesquels ont été communiqués au tribunal par le ministre de l'intérieur et des Outre-mer en application des dispositions précitées, que les moyens tirés de ce que cette décision méconnaitrait les dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ou serait entachée d'incompétence manquent en fait et doivent, par suite, être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure : " Aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme, toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qui soit entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, soit soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes peut se voir prescrire par le ministre de l'intérieur les obligations prévues au présent chapitre ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des notes établies par les services de renseignement versées par le ministre au débat contradictoire, dont aucun des éléments de fait qu'elles établissent n'est sérieusement contredit par la requérante, que Mme B, qui a fait l'objet d'une condamnation en juin 2022 à trois ans d'emprisonnement du chef de recel de bien provenant d'un vol en bande organisée, a par ailleurs rencontré en détention une prévenue poursuivie du chef d'infractions de nature terroriste à raison de son départ en zone irako-syrienne pour rejoindre les rangs de l'organisation terroriste dite "Daech" et avec laquelle la requérante a conservé des liens particulièrement étroits au point que l'intéressée, toujours incarcérée, a déclaré comme domicile envisagé celui de Mme B en vue de solliciter son assignation à résidence sous surveillance électronique. Il ressort également de ces mêmes pièces que le compagnon de Mme B, que la requérante continue régulièrement d'héberger en dépit de leur séparation, a fait l'objet de plusieurs condamnations pour des infractions violentes d'atteinte aux personnes, et s'est distingué en détention par sa pratique fondamentaliste et prosélyte de l'islam et ses lectures d'ouvrages faisant l'apologie du terrorisme, dont certains ont d'ailleurs été retrouvés au domicile de Mme B à l'issue d'une visite domiciliaire. Dans ces conditions, et alors même que Mme B n'a pas elle-même fait l'objet d'une condamnation pour des faits de terrorisme, de violence ou encore d'atteinte aux personnes, il n'en demeure pas moins que ces circonstances, dont il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elles soient matériellement inexactes, révèlent la proportion de l'intéressée à offrir un soutien matériel et constant à de tels individus, de sorte qu'il existe, dans le contexte particulier de l'organisation des manifestations liées au déroulement des jeux olympiques et paralympiques de Paris qui est susceptible d'avoir une incidence sur le niveau de la menace à prendre en considération, des raisons sérieuses de penser que son comportement peut constituer une telle menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics. Par suite, et alors qu'il résulte de ces mêmes circonstances que la requérante entre en outre en relation de manière habituelle avec des personnes incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, le ministre n'a pas méconnu les dispositions précitées en estimant que Mme B pouvait faire l'objet d'une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance sur leur fondement.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à la personne mentionnée à l'article L. 228-1 de : / 1° Ne pas se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l'intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s'étend, le cas échéant, aux territoires d'autres communes ou d'autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ; / 2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d'une fois par jour, en précisant si cette obligation s'applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; / 3° Déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation () ".
7. Il est dans la nature même d'une mesure intervenant sur le fondement des dispositions précitées de porter atteinte à la liberté d'aller et venir des personnes en faisant l'objet. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de ce principe doit, en lui-même mais sous réserve de ce qui sera dit ci-dessous aux points 9 et suivants, être écarté.
8. En quatrième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'arrêté attaqué serait entaché de détournement de pouvoir, ce que ne révèle pas la circonstance que celui-ci est essentiellement intervenu à raison de l'organisation des manifestations liées au déroulement des jeux olympiques et paralympiques de Paris, laquelle a légalement pu être prise en considération par l'autorité administrative ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 5.
9. Pour autant, et en cinquième lieu, il résulte, d'une part, de ce qui a été dit à ce même point 5 que ce n'est qu'à la faveur du contexte particulier créé par ces manifestations que la mesure contestée a pu respecter les conditions légales de son intervention, telles qu'elles sont énoncées aux dispositions précitées de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure. Par suite, et alors que ces manifestations se clôtureront le 8 septembre 2024, Mme B est tout d'abord fondée à soutenir que l'application de la mesure dont elle a fait l'objet jusqu'au
3 octobre 2024 est disproportionnée aux buts en vue desquels elle est intervenue et qu'il y a dès lors lieu d'en prononcer l'annulation en tant qu'elle a vocation à s'appliquer au-delà du
10 septembre 2024.
10. D'autre part, il n'est pas contesté que la fille aînée de Mme B, laquelle est âgée de onze ans, sera scolarisée au collège de Rivery à compter du 2 septembre 2024. Il y a dès lors lieu, à raison de la même disproportion que celle relevée ci-dessus, d'annuler l'arrêté attaqué en tant qu'il ne permet pas à Mme B de se déplacer sur le territoire de cette commune à compter du 1er septembre 2024 pour les besoins liés à l'accompagnement et la scolarité de cette enfant.
11. Enfin, il est constant, et au demeurant d'évidence, que l'horaire, fixé à 07h00, de la présentation de Mme B au commissariat d'Amiens est de nature à perturber sa fille cadette âgée de trois ans qui doit nécessairement, compte tenu de son âge, l'y accompagner depuis le domicile familial situé sur la commune de Camon, alors qu'il a par ailleurs été confirmé à l'audience qu'aucune raison liée au bon fonctionnement des services de police ne s'opposait de manière dirimante à la fixation d'un horaire plus tardif. Il y a dès lors lieu, à raison de la même disproportion que celle relevée ci-dessus aux points 9 et 10, d'annuler l'arrêté attaqué en tant qu'il ne prévoit pas un tel horaire, qu'il y a néanmoins lieu de laisser à l'appréciation de l'administration afin de tenir compte des contraintes de ses services et de celles résultant des obligations familiales de Mme B, du moment qu'il n'est pas fixé avant 08h30.
12. En revanche, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les autres mesures imposées par l'arrêté attaqué seraient disproportionnées aux buts en vue desquels il est intervenu ou méconnaitraient son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors qu'il n'est notamment pas démontré, selon les clauses de son contrat de travail produit aux pièces du dossier ou par d'autres éléments, qu'elle serait amenée à exercer de manière régulière sa profession à une autre adresse qu'au siège de son employeur, où elle est déjà autorisée à se rendre, et qu'elle dispose de la faculté de solliciter sur justificatifs des sauf-conduits pour ses autres obligations.
13. Il résulte de ce qui précède que Mme B, qu'il y a lieu d'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle, est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué dans la seule mesure de ce qui a été relevé ci-dessus aux points 9, 10 et 11 et que le surplus de ses conclusions aux fins d'annulation doit être rejeté.
14. Cette annulation prendra effet, compte tenu de la nécessité de maintenir l'obligation de présentation quotidienne de la requérante aux services de police dans cet intervalle, le mercredi 31 juillet 2024 ou à la date d'intervention, si elle est plus précoce, de l'arrêté du ministre de l'intérieur et des Outre-mer que cette annulation implique nécessairement et qu'il est enjoint à cette autorité de prendre avant cette date, en fixant notamment un nouvel horaire de présentation de l'intéressée aux services de police dans les conditions fixées ci-dessus au point 11, ainsi qu'un périmètre géographique de déplacement conforme à ce qui a été dit au point 10.
15. Enfin, l'avocat de Mme B, qui a été admise ci-dessus au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, peut se prévaloir des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Ruiz, représentant Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à son profit. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à
Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du ministre de l'intérieur et des Outre-mer du 2 juillet 2024 est annulé dans la seule mesure de ce qui a été relevé aux points 9, 10 et 11 du présent jugement.
Article 3 : Cette annulation prendra effet le mercredi 31 juillet 2024 ou à la date d'intervention, si elle est plus précoce, de l'arrêté modificatif du ministre de l'intérieur et des Outre-mer qu'elle implique nécessairement et qu'il est enjoint à cette autorité de prendre avant cette date dans les conditions fixées au point 14.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Ruiz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à l'avocat de Mme B une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Ruiz et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Somme, au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Amiens et au bureau d'aide juridictionnelle.
Délibéré après l'audience du 25 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président-rapporteur,
- M. Truy, premier conseiller honoraire,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
signé
S. Thérain
L'assesseur le plus ancien,
signé
J. Harang
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et au préfet la Somme, chacun en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026