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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402870

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402870

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402870
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAKHZAM KHADIJA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B, représenté par

Me Akhzam, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 48 heures, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il vient d'obtenir son baccalauréat et qu'il est inscrit à l'université UniLaSalle pour la rentrée universitaire 2024 lors de laquelle il devra justifier d'un titre de séjour ;

- la décision attaquée porte une atteindre grave et manifestement illégale à son droit à une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que tous les membres de sa famille résident en France, qu'il y est scolarisé depuis le collège, qu'il vient d'obtenir le baccalauréat et qu'il a de nombreux centres d'intérêts en France.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Minet, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.

3. M. B, qui se borne à faire valoir qu'il est inscrit à l'université pour l'année 2024-2025 et qu'il devra justifier d'un titre de séjour à la rentrée de septembre 2024, ne démontre pas que sa situation rendrait nécessaire l'intervention des mesures qu'il sollicite dans le délai de quarante-huit heures prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la condition d'urgence particulière posée par ces dispositions ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Amiens le 16 juillet 2024.

La juge des référés,

signé

A. Minet

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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