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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402875

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402875

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402875
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantZADOURIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A C B, représenté par Me Zadourian, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Beauvais de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux fouilles intégrales systématiques dont il fait l'objet et d'ordonner son transfèrement compte tenu des plaintes qu'il a déposées à l'encontre de l'établissement et des risques de représailles, sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans l'exécution de la décision.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il fait l'objet de fouilles intégrales systématiques à l'issue de chacun de ses parloirs avec sa famille depuis plusieurs semaines et qu'une telle fouille a même été réalisée le 13 juillet 2024 après un parloir avec son avocat.

- ces fouilles systématiques portent une atteinte grave au principe constitutionnel de respect de la dignité humaine, au droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants garanti par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au respect de la vie privée et familiale garanti notamment par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale et aux droits de la défense garantis par l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

- elles sont manifestement illégales dès lors qu'en l'absence de tout objet ou substance trouvés lors de ces fouilles, elles ne sont pas justifiées par les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire et ont pour seul objet de lui appliquer un traitement défavorable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il indique que le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Beauvais a retiré, par une décision du 17 juillet 2024, la décision du 19 juin 2024 par laquelle il avait décidé de procéder à la fouille intégrale de M. B pour une durée de trois mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Minet, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 17 juillet 2024 à 15 heures 30 en présence de Mme Chatellain, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Minet, juge des référés,

- et les observations de Me Zadourian, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête et demande qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Beauvais de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux fouilles intégrales systématiques dont il fait l'objet et d'ordonner son transfèrement compte tenu des plaintes qu'il a déposées à l'encontre de l'établissement et des risques de représailles.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Il résulte des pièces produites en défense que l'adjoint au chef d'établissement du centre pénitentiaire de Beauvais a, postérieurement à l'introduction de la requête, par une décision du

17 juillet 2024, retiré la décision du 19 juin 2024 instaurant un régime dérogatoire de fouilles intégrales de M. B pour une durée de trois mois. Par suite, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B sur le fondement de l'article L .761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Amiens le 18 juillet 2024.

La juge des référés,

signé

A. Minet

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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