mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402888 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CLAEYS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, Mme C B, représentée par Me Claeys, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle le maire de la commune de Le Mesnil-Saint-Firmin a refusé d'accorder une dérogation pour la scolarisation de son fils, A D, hors de la commune ;
2°) d'enjoindre à la commune de Le Mesnil-Saint-Firmin d'accorder cette dérogation afin que l'enfant soit inscrit à l'école primaire le Prieuré à Montdidier, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à compter des quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Le Mesnil-Saint-Firmin la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux dépens.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la prochaine rentrée scolaire est prévue le 2 septembre 2024 ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle méconnaît l'article L. 212-8 du code de l'éducation et que la dérogation aurait dû être accordée au regard de la situation familiale de l'enfant, dont les parents sont séparés et résident sur le territoire de communes distinctes, des obligations professionnelles des deux parents à Roye, de la nécessité de regrouper la fratrie, le frère de l'enfant étant scolarisé à Montdidier, du suivi de l'enfant par un orthophoniste situé à Trois-Rivières et de la nécessité de permettre à l'enfant de poursuivre son cycle scolaire à Montdidier où il était scolarisé pour l'année 2023-2024 ;
- elle méconnaît le principe d'égalité de traitement des usagers du service public de l'enseignement dès lors qu'une dérogation avait été accordée pour l'année 2023-2024.
Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 16 juillet 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2402651 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Minet pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes de l'article L. 131-5 du code de l'éducation : " () Les familles domiciliées à proximité de deux ou plusieurs écoles publiques ont la faculté de faire inscrire leurs enfants à l'une ou l'autre de ces écoles, qu'elle soit ou non sur le territoire de leur commune, à moins qu'elle ne compte déjà le nombre maximum d'élèves autorisé par voie réglementaire () ". L'article L. 212-8 du même code dispose que : " Lorsque les écoles maternelles, les classes enfantines ou les écoles élémentaires publiques d'une commune reçoivent des élèves dont la famille est domiciliée dans une autre commune, la répartition des dépenses de fonctionnement se fait par accord entre la commune d'accueil et la commune de résidence. ( ) Toutefois, les dispositions prévues par les alinéas précédents ne s'appliquent pas à la commune de résidence si la capacité d'accueil de ses établissements scolaires permet la scolarisation des enfants concernés, sauf si le maire de la commune de résidence, consulté par la commune d'accueil, a donné son accord à la scolarisation de ces enfants hors de sa commune () Par dérogation à l'alinéa précédent, un décret en Conseil d'Etat précise les modalités selon lesquelles, sans préjudice du dernier alinéa du présent article, une commune est tenue de participer financièrement à la scolarisation d'enfants résidant sur son territoire lorsque leur inscription dans une autre commune est justifiée par des motifs tirés de contraintes liées : 1° Aux obligations professionnelles des parents lorsqu'ils résident dans une commune qui n'assure pas directement ou indirectement la restauration et la garde des enfants ou si la commune n'a pas organisé un service d'assistantes maternelles agréées ; 2° A l'inscription d'un frère ou d'une sœur dans un établissement scolaire de la même commune ; 3° A des raisons médicales. () La scolarisation d'un enfant dans une école d'une commune autre que celle de sa résidence ne peut être remise en cause par l'une ou l'autre d'entre elles avant le terme soit de la formation préélémentaire, soit de la scolarité primaire de cet enfant commencées ou poursuivies durant l'année scolaire précédente dans un établissement du même cycle de la commune d'accueil ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, si les familles inscrivent en principe leurs enfants dans l'école publique de leur commune de résidence, elles ont cependant la faculté de les inscrire dans l'école d'une autre commune. Toutefois, aucune disposition n'autorise le maire de la commune de résidence à refuser l'inscription des enfants de ses habitants dans l'école de la commune d'accueil dès lors que la décision relative à la scolarisation relève de la compétence du maire de cette dernière. Les dispositions précitées de l'article L. 212-8 du code de l'éducation ont pour seul objet de régler la participation financière de la commune de résidence à la scolarisation d'enfants inscrits dans une école d'une autre commune. Elles ne sauraient subordonner l'inscription d'un enfant dans cette école au consentement préalable du maire de la commune de résidence, dont l'avis ne concerne que le partage des dépenses de fonctionnement entre les deux communes.
4. Il résulte de ce qui précède et des termes même de l'acte contesté que le maire de la commune de Le Mesnil-Saint-Firmin s'est borné à émettre un avis défavorable à la scolarisation de l'enfant de la requérante dans une école de la commune de Montdidier, de sorte que cet acte, qui ne constitue pas une décision statuant sur la demande de dérogation faite par Mme B, laquelle ne peut émaner que du maire de la commune de Montdidier, n'est pas susceptible de recours.
5. Il s'ensuit que les conclusions que la requérante présente sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et qui tendent à la suspension de l'exécution de cet avis sont manifestement irrecevables et qu'il y a lieu de les rejeter sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du même code. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction ainsi que de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code et de celles tendant à condamner la commune de Le Mesnil-Saint-Firmin aux dépens. Ces conclusions étant en outre manifestement dénuées de fondement au sens et pour l'application de l'article 7 de cette même loi, il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B n'est pas admise au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B.
Fait à Amiens, le 23 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé :
A. Minet
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
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