lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402891 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | NTSAMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, Mme C A, représentée par Me Ntsama, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle avec désignation de Me Ntsama pour la représenter ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assignée à résidence sur le territoire de la commune d'Amiens pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant des procédures mentionnées aux articles L. 352-4, L. 352-5, L. 352-6, L. 352-8, L. 352-9, L. 614-1 et suivants, L. 732-8, L. 743-20, L. 754-4, L. 754-5, L. 753-7 et suivants, L. 572-4, L. 572-5,
L. 572-6, L. 752-5, L. 752-6, L. 752-11 et L. 752-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 3 mars 1979, a été interpellée et placée en retenue administrative le 12 mai 2024. Par un arrêté du 16 mai 2024 dont elle demande l'annulation, la préfète de l'Oise l'a assignée à résidence sur le territoire de la commune d'Amiens pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 776-15 du code de justice administrative : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne () ".
4. Enfin, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
5. Il résulte de ces dispositions que pour être recevables, les requêtes dirigées contre une décision portant assignation à résidence doivent être présentées au greffe du tribunal, pour y être enregistrées, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'arrêté comportant cette décision.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié à l'intéressée par voie administrative le 17 mai 2024 à 17h22, avec la mention de l'ensemble des voies et délais de recours ouverts à son encontre. L'intéressée disposait ainsi, à compter de cette date, d'un délai de quarante-huit heures pour saisir le tribunal d'un recours contentieux. Il ressort de l'arrêté attaqué que sa notification a été réalisée par voie administrative, et en langue française, langue que Mme A a déclaré comprendre. Il suit de là que la requête tendant à l'annulation de cet arrêté, enregistrée au greffe du tribunal le 16 juillet 2024, est tardive.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, que la requête de Mme A, entachée d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être régularisée, doit être rejetée sur le fondement des dispositions du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.
Fait à Amiens, le 29 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. B
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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