lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402903 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AKHZAM KHADIJA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, Mme D B épouse A C, représentée par Me Akhzam, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la préfète de l'Oise a commis une erreur de droit en estimant qu'elle entrait dans les catégories ouvrant droit au regroupement familial ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est également fondé sur la circonstance que l'époux de la requérante, qui réside régulièrement en France sous couvert d'un titre de séjour portant la mention " conjoint de Français ", se trouve en situation de polygamie ;
- les moyens soulevés par Mme B épouse A C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 25 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 septembre 2024.
Un mémoire, enregistré le 6 septembre 2024, a été produit pour Mme B épouse A C et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Harang, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse A C, ressortissante algérienne née le 23 août 1996, est entrée en France le 3 septembre 2023 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Elle a sollicité, le 15 décembre 2023, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 20 juin 2024, dont Mme B épouse A C demande l'annulation, la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () ". Aux termes de l'article 4 de cet accord : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. / Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / () / Peut être exclu de regroupement familial : / () / 2. Un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français. / () ". Aux termes du titre II du protocole annexé au même accord : " Les membres de la famille s'entendent du conjoint d'un ressortissant algérien () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B épouse A C, en sa qualité de conjointe d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an et présent en France depuis au moins un an, entre dans une catégorie ouvrant droit au regroupement familial, nonobstant la circonstance qu'elle séjourne actuellement sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Mme B épouse A C s'est mariée en Algérie le 12 octobre 2022 avec un compatriote titulaire d'un certificat de résidence en qualité de " conjoint de Français " valable du 3 novembre 2020 au 2 novembre 2030. Elle est entrée en France le 3 septembre 2023 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". À supposer qu'il existe une communauté de vie entre la requérante et son époux depuis cette date, ce que l'intéressée n'établit pas par les pièces qu'elle produit, celle-ci présentait un caractère particulièrement récent à la date de l'arrêté contesté. Par ailleurs, Mme B ne justifie pas d'une insertion sociale et professionnelle particulière en France. Si l'intéressée se prévaut de la présence régulière sur le territoire national de son père et de deux de ses sœurs, il est constant qu'elle a vécu séparée d'eux durant, à tout le moins, plusieurs années et ne démontre pas le caractère indispensable de sa présence à leur côté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B épouse A C serait dépourvue de toute attache dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. Enfin, si la requérante était enceinte depuis environ sept mois et demi à la date de l'arrêté attaqué, cette seule circonstance n'est pas de nature à faire obstacle à son éloignement. Dans ces conditions, compte tenu notamment à la brièveté de la durée de son séjour en France et de la communauté de vie avec son conjoint, Mme B épouse A C n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B épouse A C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B épouse A C et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Lapaquette, premier conseiller,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HarangLe président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026