lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402929 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CLAEYS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, l'EURL ORCEA, représentée par Me Claeys, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 mai 2024 par laquelle le président du conseil régional des Hauts-de-France a implicitement rejeté sa demande d'autorisation d'ouverture d'une formation d'infirmiers diplômés d'Etat par apprentissage en centre de formation d'apprentis (CFA) ;
2°) de mettre à la charge de la région Hauts-de-France la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux dépens.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la première rentrée de la formation étant prévue pour le mois de janvier 2025, il lui faut environ trois mois pour constituer la promotion et organiser les enseignements, qu'elle a investi 20 365,35 euros dans cette formation, et que certains apprentis auront atteint la limite d'âge si la rentrée est une nouvelle fois reportée ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors que l'EURL ORCEA a transmis un dossier complet à l'agence régionale de santé des Hauts-de-France et que compte tenu de sa qualité de CFA, l'ouverture d'une formation en apprentissage n'est ni soumise à l'autorisation du président du conseil régional des Hauts-de-France, ni à l'obligation de conventionner avec une université afin que la formation soit reconnue grade de licence.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2402706 par laquelle l'EURL ORCEA demande l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Minet pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, selon son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. En se bornant à faire valoir que la première rentrée de la formation qui a déjà été reportée à deux reprises et est prévue pour le mois de janvier 2025 nécessite d'être anticipée dès le mois de septembre 2024, qu'il a déjà investi la somme de 20 365,35 euros dans cette formation alors qu'il n'est ni démontré, ni même allégué qu'il se trouverait dans une situation financière fragile, et que certains apprentis auront dépassé la limite d'âge pour pouvoir s'inscrire, ce qui n'est au demeurant pas établi, l'EURL ORCEA ne démontre pas que la décision attaquée porterait une atteinte grave et immédiate à sa situation ou aux intérêts qu'il entend défendre.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions que la requérante présente sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue par son article L. 522-3 comme étant dénuées d'urgence. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code et de celles tendant à condamner la région des Hauts-de-France aux dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'EURL ORCEA est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EURL ORCEA.
Fait à Amiens, le 22 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé :
A. Minet
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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