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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402943

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402943

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402943
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté l'opposition formée par Mme A contre une contrainte émise par la CAF de l'Oise pour le recouvrement d’indu d’allocations logement et d’aide Covid-19. La requérante invoquait uniquement sa situation de précarité financière, moyen jugé inopérant car sans incidence sur la légalité de la contrainte. Faute de régularisation malgré une invitation, la requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative. Le tribunal a également rappelé qu’il ne lui appartient pas d’accorder un échéancier de paiement, cette demande relevant de l’organisme créancier.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, Mme B A :

1°) forme opposition à la contrainte émise le 2 juillet 2024 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise pour le recouvrement d'une somme de 458,50 euros correspondant à des indus d'allocation de logement familiale, d'allocation de logement sociale et d'aide Covid-19 ;

2°) demande au tribunal de pouvoir continuer à bénéficier d'un échéancier de paiement.

Elle soutient qu'elle est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative ;

- le code de la sécurité sociale.

Considérant ce qui suit :

1. Le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise a émis le 2 juillet 2024 à l'encontre de Mme A une contrainte d'un montant de 458,50 euros pour le recouvrement d'indus d'allocation de logement familiale, d'allocation de logement sociale et d'aide Covid-19. Par la présente requête, Mme A forme opposition à cette contrainte.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

3. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. () ".

4. Pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, un requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, sur la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales. En l'espèce, Mme A, qui se borne à indiquer qu'elle est dans une situation de précarité financière rendant impossible le remboursement de sa dette, ne fait état d'aucun moyen susceptible d'avoir une influence sur la légalité de la contrainte attaquée. Son unique moyen étant inopérant, Mme A a été invitée, par lettre du 23 juillet 2024, à régulariser sa requête à l'aide du formulaire prévu à cet effet dans un délai d'un mois. Mme A, qui a accusé réception le 29 juillet 2024 de cet envoi, n'a produit, ni à l'expiration du délai qui lui était imparti ni même après celui-ci, aucun document susceptible de compléter la motivation de sa demande. Par suite, le seul moyen soulevé par Mme A étant inopérant, ses conclusions par lesquelles elle forme opposition à la contrainte du 2 juillet 2024 ne peuvent qu'être rejetées par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Par ailleurs, il ne revient pas au juge administratif, saisi d'une opposition à contrainte, de mettre en place un échéancier de paiement avec l'organisme créancier. Si Mme A souhaite obtenir des délais de paiement, il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de solliciter auprès du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise un échelonnement des versements de la somme restant due.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Oise.

Fait à Amiens, le 30 octobre 2024.

La présidente,

Signé

F. Demurger

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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