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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403037

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403037

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403037
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérant66 AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a annulé l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise faisait obligation à M. A D, ressortissant congolais, de quitter le territoire français sans délai, lui interdisait le retour et l'assignait à résidence. Le tribunal a jugé que M. A D était titulaire d'un titre de séjour permanent délivré par les autorités finlandaises, valable jusqu'en 2027, et que la préfète ne démontrait pas le caractère frauduleux de ce document. En application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger titulaire d'un tel titre ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par conséquent, l'illégalité de la mesure d'éloignement a entraîné l'annulation des décisions subséquentes d'interdiction de retour et d'assignation à résidence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée sous le n° 2403037 le 25 juillet 2024, M. B A D, représenté par Me Millot, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A D soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- il n'entre pas dans le champ d'application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est titulaire d'un visa permanent délivré par les autorités finlandaises, dont la préfète ne justifie pas l'absence d'authenticité ;

- elle méconnait le 1° de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;

- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2024, la préfète de l'Oise, conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2403038 le 25 juillet 2024, M. B A D, représenté par Me Millot, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A D soutient que :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2024, la préfète de l'Oise, conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée ;

- la directive n°2008/115/CE du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Parisi, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 août 2024 :

- le rapport de Mme Parisi, magistrate désignée,

- les observations de Me Chatel, substituant Me Millot représentant

M. A D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, insiste notamment sur la circonstance que M. A D est titulaire, non seulement d'un titre de séjour finlandais valable du 13 juin 2022 au 12 juin 2027, dont la préfète conteste l'authenticité, mais également d'un visa permanent délivré par les autorités finlandaises le 25 novembre 2005 en sa qualité d'époux d'une ressortissante finlandaise, l'autorisant à travailler, dont il a présenté une photographie aux services de police l'ayant interpellé et dont l'authenticité n'est pas contestée par la préfète en défense, et soutient en outre que les modalités d'application de la décision l'assignant à résidence sont disproportionnées, dès lors qu'elle l'oblige à se rendre trois fois par semaine à Beauvais en train pour respecter son obligation de présentation, ce qui lui engendre des frais ;

- et les observations de M. A D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A D, ressortissant congolais né le 15 février 1973 à Brazzaville, est entré sur le territoire français en 2017, selon ses déclarations. Le 22 juillet 2024, il a fait l'objet d'une interpellation par les services de police aux frontières de Beauvais et d'un placement en garde à vue pour des faits d'usage et détention de faux document administratif. Par un arrêté du 22 juillet 2024, la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par ailleurs, par un arrêté du même jour, la préfète de l'Oise a ordonné l'assignation à résidence de l'intéressé pour une durée de quarante-cinq jours. Par les requêtes susvisées, M. A D demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes introduites par M. A D et enregistrées au greffe du tribunal administratif d'Amiens sous les numéros 2403037 et 2403038 concernent la situation d'un même requérant, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de M. A D, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

5. En vertu de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020, la part contributive versée par l'État à l'avocat choisi ou désigné pour assister la même personne dans des litiges reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire. Tel est le cas en l'espèce ainsi qu'il est dit au point 2 du présent jugement entre les instances n°s 2403037 et 2403038. L'instance n° 2403038 donnera ainsi lieu à une réduction de 30 % appliquée à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté obligeant M. A D à quitter le territoire français :

6. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 621-1 de ce code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre Etat prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités d'un autre Etat, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / () ". Aux termes de l'article L. 621-4 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne l'étranger, détenteur d'un titre de résident de longue durée - UE en cours de validité accordé par cet Etat en séjour irrégulier sur le territoire français. () ".

7. D'autre part, aux termes du point 1 de l'article 12 de la directive du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée : " Les États membres ne peuvent prendre une décision d'éloignement à l'encontre d'un résident de longue durée que lorsqu'il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique ". Ainsi que l'a jugé la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, 14 mars 2024, EP c/ Maahanmuuttovirasto, aff. C 752/22), il résulte de ces dispositions précises et inconditionnelles qu'un ressortissant d'un pays tiers titulaire d'un titre de résident de longue durée-UE en cours de validité accordé par un Etat membre de l'Union européenne ne peut faire l'objet d'une décision d'éloignement en dehors du territoire de l'Union européenne par un autre Etat membre, mais peut seulement faire l'objet d'une décision de retour à destination de l'Etat membre ayant accordé ce titre, hormis le cas où il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique.

8. Enfin, aux termes de l'article 3 de la directive du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " Aux fins de la présente directive, on entend par : () 3) " retour ": le fait, pour le ressortissant d'un pays tiers, de rentrer - que ce soit par obtempération volontaire à une obligation de retour ou en y étant forcé - dans : - son pays d'origine, ou - un pays de transit conformément à des accords ou autres arrangements de réadmission communautaires ou bilatéraux ou - un autre pays tiers dans lequel le ressortissant concerné d'un pays tiers décide de retourner volontairement et sur le territoire duquel il sera admis ; 4) " décision de retour " : une décision ou un acte de nature administrative ou judiciaire déclarant illégal le séjour d'un ressortissant d'un pays tiers et imposant ou énonçant une obligation de retour ". Il résulte de ces stipulations que le fait d'imposer ou d'énoncer une obligation de retour constitue un des éléments constitutifs d'une décision de retour, une telle obligation de retour ne pouvant se concevoir, au vu du point 3 de cet article, sans l'identification d'une destination, qui doit être l'un des pays visés à ce point 3, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne du 14 mai 2020, FMS, FNZ, SA et SA Junior (C-924/19 PPU § 115).

9. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que, pour édicter une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Oise a indiqué que si M. A D a déclaré avoir un droit au séjour permanent en Finlande, il n'a produit aucun document d'identité ou de voyage et qu'il n'est par conséquent pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité.

10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal rédigé par les services de la police aux frontières lors de l'interpellation de M. A D le 22 juillet 2024, que ce dernier a présenté aux services de police lors de son interpellation un titre de séjour finlandais, valable du 13 juin 2022 au 12 juin 2027. Il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Oise, s'appropriant les termes de ce procès-verbal, a estimé que le titre de séjour présente un caractère frauduleux. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A D est titulaire d'un visa à durée permanente délivré par les autorités finlandaises le 25 novembre 2005, information dont l'intéressé a fait part aux services de police l'ayant auditionné en garde à vue le 22 juillet 2024, ainsi qu'il ressort des termes du procès- verbal de cette audition produit par la préfète en défense. Il ne ressort ni des écritures en défense de la préfète ni de la décision attaquée que l'authenticité de ce visa permanent délivré par les autorités finlandaises est contestée par la préfète de l'Oise, et ce alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. A D a indiqué, lors de son interpellation, avoir vécu en Finlande entre 2004 et 2017, où il s'est marié avec une ressortissante finlandaise et eu trois enfants et qu'il produit à l'appui de ses allégations un certificat le concernant du système d'information sur la population de Finlande, informations non démenties par la préfète.

11. Il résulte de ce qui précède que M. A D bénéficie du statut de résident longue-durée-UE. Il ne pouvait donc légalement faire l'objet d'une décision de retour à destination du Congo, notion qui intègre, pour l'application du droit de l'Union européenne et ainsi qu'il a été dit au point 8, tant la décision portant obligation de quitter le territoire français que la décision fixant le pays de renvoi, hormis le cas où il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique. A ce titre, il résulte des termes de l'arrêté attaqué que la préfète de l'Oise a considéré que le comportement de M. A D constituait une menace pour l'ordre public en se basant sur la circonstance que l'intéressé a été interpellé le 22 juillet 2024 et placé en garde à vue pour l'infraction d'usage et détention d'un faux titre de séjour finlandais par la police aux frontières de Beauvais. Toutefois, la seule circonstance, à la supposer avérée, que M. A D ait présenté un titre de séjour contrefait lors de son interpellation par les services de police aux frontières le 22 juillet 2024, ne suffit pas à établir que le comportement de l'intéressé constitue une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public. Par suite, en faisant obligation à M. A D de quitter le territoire français en direction du Congo sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Oise a commis une erreur de droit.

12. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant refus d'accorder un délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi, et interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté assignant à résidence M. A :

13. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

14. Le présent jugement prononçant l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a obligé M. A à quitter le territoire français, l'arrêté du même jour ordonnant son assignation à résidence et fixant les modalités d'exécution de cette mesure, qui n'aurait pu légalement être pris en l'absence de mesure d'éloignement, doit être annulé par voie de conséquence.

Sur les frais d'instance :

15. M. A D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission de définitive de M. A D à l'aide juridictionnelle et que Me Millot, avocate de M. A D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Millot de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : M. A D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans les conditions fixées au point 5.

Article 2 : L'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le Congo comme pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulé.

Article 3 : L'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a assigné M. C à résidence pour une durée de quarante-cinq jours est annulé.

Article 4 : L'Etat versera à Me Millot une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Millot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D, à la préfète de l'Oise et à Me Millot.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

J. PARISI

La greffière,

Signé :

S. GRARE La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2403037 et 2403038

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