LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403087

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403087

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403087
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, contestant l'arrêté préfectoral du 26 juillet 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, prononçant une interdiction de retour de cinq ans, et l'arrêté d'assignation à résidence. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) concernant la menace pour l'ordre public, de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, et de l'illégalité de l'assignation à résidence. La solution retenue confirme la légalité des décisions préfectorales fondées sur le CESEDA.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 juillet 2024 et le 1er août 2024, M. C B, représenté par Me Dogan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans ;

2°) d'annuler l'arrêté non daté et notifié le 28 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté du 26 juillet 2024 ne lui a pas été notifié par voie administrative en méconnaissance de l'article R. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation et d'inexacte application de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la décision ne précisant pas s'il est connu défavorablement des services de police, il ne caractérise pas un risque de menace pour l'ordre public et, à supposer même qu'il serait défavorablement connu des services de police, il est présumé innocent en application de l'article 9 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'inexacte application des dispositions des articles L. 435-3 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa demande de titre de séjour était incomplète et aurait dû faire l'objet d'un refus d'enregistrement ;

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'inexacte application de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire et de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'inexacte application de l'article L. 612- 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il justifie d'une intégration rapide dans la société française ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision l'assignant à résidence est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle ne précise pas si l'obligation de présentation à la gendarmerie de Noyon s'applique également lors des jours fériés ou chômés ;

- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'elle l'assigne à Noyon alors qu'il réside à Pierrefonds depuis le 8 juillet 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, la préfète de l'Oise, conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Parisi, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Parisi, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien né le 6 juillet 2005, est entré sur le territoire français en janvier 2022 selon ses déclarations et a sollicité, le 11 juillet 2024 son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 26 juillet 2024, dont M. B demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de délivrer un titre de séjour à l'intéressé, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans, en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction. Par ailleurs, par un arrêté notifié le 28 juillet 2024, la préfète de l'Oise a ordonné l'assignation à résidence de M. B pour une durée de 45 jours.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'arrêté du 26 juillet 2024 :

4. Les conditions de notification d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité et n'ont d'effet que sur le déclenchement du délai de recours contentieux à son encontre. Dès lors, M. B ne peut utilement se prévaloir à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2024 de la circonstance qu'il n'a jamais reçu notification de cet arrêté. Par suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "

6. Pour refuser de délivrer à M. B un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Oise a relevé que la présence de l'intéressé sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué, corroborés par les pièces du dossier que M. B a fait l'objet de six inscriptions dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires entre le 29 mai 2022 et le 3 janvier 2024, sous trois identités différentes, pour des faits de vol simple, recel de bien provenant d'un vol, vol commis dans un lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs, et vol en réunion. En se bornant à soutenir que ces faits n'ont donné lieu à aucune condamnation pénale et en se prévalant de sa présomption d'innocence, le requérant ne conteste pas sérieusement la matérialité des faits qui ont fait l'objet d'une mention au traitement des antécédents judiciaires. Au surplus, alors que la décision litigieuse constitue une mesure de police administrative, le principe de la présomption d'innocence ne peut être utilement invoqué à son encontre. Par ailleurs, il ressort des pièces produites en défense par la préfète, et notamment du fichier des personnes recherchées dans lequel M. B est inscrit sous deux identités différentes, que l'intéressé a fait l'objet d'une ordonnance pénale par le tribunal judiciaire de Compiègne le 14 septembre 2023 et qu'il a interdiction d'entrer en contact avec Mme A jusqu'au 15 mars 2025. Ainsi, eu égard au caractère récent et répété des faits relevés par l'arrêté attaqué, dont le premier a été commis seulement quelques mois après son entrée en France, la préfète de l'Oise n'a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce en estimant que le séjour en France de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En second lieu, et alors qu'il résulte de l'instruction que la préfète de l'Oise aurait pris la même décision si elle s'était uniquement fondée sur les circonstances relevées au point précédent, le moyen tiré de ce que la décision refusant de délivrer à M. B un titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'inexacte application des dispositions des articles L. 435-3 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :

8. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision refusant un titre de séjour doit être écarté.

9. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; () ".

10. M. B soutient qu'il est dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, qu'il est actuellement en formation en alternance dans le cadre de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance et qu'il justifie d'une intégration complète dans la société française. Il ressort en effet des pièces du dossier que M. B, entré sur le territoire français au mois de janvier 2022, a été confié à l'aide sociale à l'enfance le 8 mars 2022 et qu'il s'est inscrit pour l'année scolaire 2023/2024 en première année de certificat d'aptitude professionnelle (CAP) mention " production et service en restauration ", dans le cadre de laquelle il a conclu un contrat d'apprentissage. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier, ainsi qu'il l'a été dit au point 6 du présent jugement que le comportement de M. B est susceptible, eu égard au caractère récent et répété des faits pour lesquels il a fait l'objet d'inscriptions dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires et eu égard à l'ordonnance pénale prise à son encontre le 14 septembre 2023, de caractériser une menace à l'ordre public. En outre, M. B, célibataire et sans charge de famille, n'établit, ni même n'allègue avoir tissé de quelconques liens sociaux depuis son arrivée sur le territoire français autres que ceux qu'il entretient dans le cadre de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance. Enfin, si le requérant se prévaut de son activité professionnelle dans le cadre du contrat d'apprentissage signé le 29 mai 2023, de telles circonstances ne sauraient suffire, à elles seules, à traduire une insertion suffisante sur le territoire français, ce d'autant que, ainsi qu'il vient d'être dit précédemment, son comportement représente une menace pour l'ordre public. Dès lors, la préfète de l'Oise n'a pas, en faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, méconnu les stipulations au point précédent, ni porté une atteinte disproportionnée au droit de ce dernier au respect de sa vie privée et familiale. Un tel moyen doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par le requérant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire, ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () ".

13. Eu égard à la menace pour l'ordre public représentée par le comportement de l'intéressé, l'autorité préfectorale était fondée à refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter la mesure d'éloignement précitée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et d'inexacte application de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision de refus de délai de départ volontaire ayant été écartés, l'exception d'illégalité de ces décisions, invoquée par le requérant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui interdisant le retour sur le territoire français, ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

16. Il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Oise a retenu que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public, qu'il ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire français et qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement à laquelle il s'est soustrait. Pour contester ce motif, M. B soutient qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il justifie d'une intégration rapide dans la société française. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que le comportement de l'intéressé représente une menace pour l'ordre public et qu'il ne justifie pas avoir développé des liens d'une particulière intensité sur le territoire français depuis son arrivée en janvier 2022. Dans ces conditions, la préfète de l'Oise ne saurait être regardée comme ayant fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Oise du 26 juillet 2024 doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

18. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

19. Pour fixer la résidence de M. B sur la commune de Noyon, la préfète s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé pouvait bénéficier d'une adresse stable dans un centre d'hébergement Coallia à Noyon. Il ressort toutefois de différentes pièces du dossier, que l'intéressé, qui produit à cet égard une attestation d'hébergement à une adresse située sur la commune de Pierrefonds, reçoit ses bulletins de note à cette même adresse, à laquelle sont également établis son contrat d'apprentissage signé le 29 mai 2023, et que les bulletins de salaire établis à compter du mois de juillet 2023, indiquent eux-aussi cette adresse située sur la commune de Pierrefonds. Dans ces conditions, la décision litigieuse repose sur des faits matériellement inexacts. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être accueilli.

20. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant assignation à résidence, que M. B est fondé à en demander l'annulation.

Sur les frais d'instance :

21. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. C B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté notifié le 28 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a assigné M. B à résidence est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la préfète de l'Oise et à Me Dogan.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

J. PARISI

La greffière,

Signé :

S. GRARE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions