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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403153

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403153

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403153
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCHARLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, M B A, représenté par Me Charles, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète de l'Oise a implicitement refusé d'abroger la décision du 25 juillet 2023 par laquelle elle a prononcé le retrait de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnait l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations préalables ;

- elle méconnait l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la décision de retrait s'analyse comme une décision de refus de renouvellement de son titre de séjour ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il réside sur le territoire français depuis 1982 avec l'intégralité des membres de sa famille, qu'il est père de trois enfants français majeurs, que sa concubine est de nationalité française et qu'il exerce une activité professionnelle en qualité de chauffeur depuis le mois d'octobre 2023.

Par un courrier du 8 août 2024, le requérant a été informé, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office les moyens tirés, d'une part, de ce que la demande d'abrogation de la décision du 25 juillet 2023 s'analyse en réalité comme un recours gracieux dirigé à l'encontre de cette dernière décision, en l'espèce tardivement présenté le 16 janvier 2024 alors que le requérant a nécessairement eu connaissance de la décision du 25 juillet 2023 en retirant l'autorisation provisoire de séjour du 26 juillet 2023 que cette décision annonçait et produite au dossier et, d'autre part, de ce que le titre retiré par la décision du 25 juillet 2023 étant d'une durée d'un an, ce titre de séjour aurait, en tout état de cause, été expiré à la date d'introduction, le 30 juillet 2024, de la requête tendant à l'annulation du refus d'abroger cette décision de retrait, de sorte que cette requête n'est en toute hypothèse plus susceptible d'aucune mesure d'exécution à cette date d'introduction et donc irrecevable.

Par un mémoire, enregistré le 21 août 2024, M. A a présenté ses observations aux moyens susceptibles d'être relevés d'office cités ci-dessus.

Par un courrier du 27 août 2024, le requérant a été informé, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que la décision de retrait du 25 juillet 2023 dont l'abrogation a été demandée a produit l'ensemble de ses effets directs dès sa date d'entrée en vigueur, de telle sorte qu'elle ne pouvait faire l'objet d'une demande d'abrogation, que la requête tendant à l'annulation de ce refus d'abroger est en conséquence irrecevable et qu'en admettant même, pour lui donner un effet utile, que cette demande doivent s'analyser comme un recours gracieux, ainsi qu'il a été relevé aux termes du moyen d'ordre public précédemment communiqué le 8 août 2024, celui-ci a été tardivement présenté.

Par un mémoire, enregistré le 9 septembre 2024, Me Charles, représentant M. A, a informé le tribunal du décès de ce dernier le 27 août 2024 et conclut à ce qu'il n'y ait pas lieu à statuer sur la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans ses dispositions applicables de la date d'intervention de la décision attaquée ;

- le code de justice administrative, dans ses mêmes dispositions.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. En premier lieu, si le mandataire de M. A a informé le tribunal, par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024, du décès de celui-ci après l'introduction de la requête, cette dernière était en état d'être jugée à cette date, de sorte qu'il y a toujours lieu d'y statuer.

3. En second lieu, la décision du 25 juillet 2023 portant retrait du titre de séjour de

M. A a produit l'ensemble de ses effets dès sa date d'entrée en vigueur de telle sorte qu'elle ne pouvait faire l'objet d'une demande d'abrogation. Il s'ensuit que la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle la préfète de l'Oise a implicité refusé de faire droit à une telle demande d'abrogation présentée par l'intéressé le 16 janvier 2024 était dépourvue d'objet à la date de son introduction et, comme telle, manifestement irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête de

M. A doivent être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ensemble les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Me Charles.

Fait à Amiens, le 12 septembre 2024

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2403153

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