vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403218 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2024 et régularisée le 19 août 2024,
Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a abrogé son document provisoire de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le Togo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de sept jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnait l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour pour avis ;
- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est liée par un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français depuis 2019 et qu'ils résident ensemble ;
- elle méconnait l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle exerce une activité professionnelle ;
- elle méconnait l'article L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est entrée sur le territoire français sous couvert d'un visa valable jusqu'au 13 août 2014 et qu'elle est pacsée depuis le 10 septembre 2019 avec un ressortissant français ;
- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est pacsée avec un ressortissant français depuis le 10 septembre 2019, qu'ils résident ensemble et qu'elle exerce une activité professionnelle ;
- pour les mêmes raisons, elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et familiale ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'intensité de ses attaches privées et familiales et de son ancienneté sur le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et familiale ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, complété par des pièces, enregistrées le 2 septembre 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que l'exercice du recours gracieux présenté par Mme B n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux de sorte qu'elle est tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B a été invitée à produire ses observations en réponse à ce mémoire et ces pièces dans un délai de cinq jours, à l'expiration duquel elle a été avertie que sa requête pourrait être rejetée par ordonnance sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle a été refusée à Mme B par une décision du 10 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans ses dispositions applicables de la date d'intervention de la décision attaquée ;
- le code de justice administrative, dans ses mêmes dispositions.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision () ". Selon le I de l'article R. 776-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ". Enfin, aux termes du I de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a reçu notification régulière de l'arrêté attaqué le 18 mars 2024, lequel mentionnait les voies et délais de recours ouverts à son encontre, dont le délai de trente jours résultant des dispositions précitées et la circonstance qu'un éventuel recours gracieux ne le prorogerait pas en application du I de l'article R. 776-5 du code de justice administrative. Ce délai n'a dès lors pas été prorogé par la présentation le
8 avril 2024 d'un tel recours gracieux par l'intéressée. Par suite, ce délai était en tout état de cause déjà expiré à la date à laquelle Mme B a reçu une information erronée sur la possibilité de saisir la juridiction dans le délai de deux mois à compter de la décision du 24 avril 2024 rejetant ce recours gracieux. Il s'ensuit que ce délai était également expiré à la date à laquelle la requérante a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle, soit le 5 juin 2024, et à la date à laquelle elle a présenté au tribunal sa requête, soit le 7 août 2024. Il s'ensuit que cette requête, qui est tardive et, comme telle, manifestement irrecevable, doit être rejetée sur le fondement des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet de l'Aisne.
Fait à Amiens, le 13 septembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2403218
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026