mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MARIENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 août et 28 novembre 2024, Mme D B, veuve C, représentée par Me Marienne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour prévu par l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai d'un mois sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de lui délivrer, sous astreinte, un titre de séjour provisoire dans l'attente du réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle justifie de la possession d'un visa de long séjour ainsi que de la régularité de son séjour au moment de sa demande de titre ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits, dès lors que la date d'entrée sur le territoire français qu'elle indique est incorrecte ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et familiale, dès lors que, ne disposant pas d'attaches au Cameroun lui permettant de vivre dans une situation financière stable, elle a deux filles de nationalité française disposant des ressources financières suffisantes pour assurer sa charge en tant qu'ascendant de français.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Parisi, conseillère,
- et les observations de Me Marienne représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, veuve C, ressortissante camerounaise née le 15 décembre 1957, est entrée en France le 3 juillet 2023, sous couvert d'un visa de long séjour, valable du 15 juin au 14 octobre 2023. Elle a présenté, le 4 août 2023, une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 juillet 2024, dont elle demande l'annulation, la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Cameroun comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Oise le même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise sous réserve d'exceptions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions résultant de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si Mme B, veuve C, soutient que la décision attaquée relative au séjour est insuffisamment motivée, il ressort des pièces du dossier que cette décision vise les dispositions législatives dont elle fait application et indique les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Au surplus, la requérante ne démontre pas s'être prévalu devant l'autorité administrative de circonstances particulières dont le défaut de mention constituerait un vice de motivation. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, parent à charge d'un français et de son conjoint, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour ".
5. Lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour par un ressortissant étranger faisant état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, l'autorité administrative peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins avant ou depuis son arrivée en France ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
6. Pour refuser de délivrer à Mme B veuve C un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-11, la préfète de l'Oise a indiqué que, d'une part, l'intéressée est entrée en France par une manœuvre dolosive à d'autres fins que celles ayant justifié la délivrance du visa, et, d'autre part, qu'elle ne justifie pas disposer d'un droit au séjour sur le fondement des dispositions précitées.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, veuve C, est entrée régulièrement en France sous couvert d'un visa de long séjour valable à la date de sa demande de titre de séjour présentée le 4 août 2023. Toutefois, il ressort de ces mêmes pièces que Mme B dispose de ressources propres, constituées par une pension de réversion qu'elle perçoit depuis le 1er septembre 2015. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces ressources dont dispose la requérante seraient insuffisantes pour subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes dans son pays d'origine, Mme B ne saurait être regardé comme étant à la charge de sa fille, quand bien même cette dernière justifie de ressources nécessaires pour pouvoir régulièrement à ses besoins.
8. Il résulte de l'instruction que la préfète de l'Oise aurait pris la même décision si elle s'était uniquement fondée sur le motif tiré de l'absence de satisfaction à cette condition prévue à l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté.
9. En quatrième lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué comporte, par une erreur de plume, la mention d'une entrée sur le territoire français en juillet 2024 est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
11. Si la requérante fait valoir que deux de ses filles, de nationalité française, sont présentes en France avec leurs conjoints et leurs enfants respectifs, elle ne démontre pas être dépourvue d'attaches au Cameroun où elle a vécu jusqu'à ses soixante-cinq ans, soit presque huit ans après le décès de son mari le 13 août 2015, et où résident deux de ses fils. Par suite, la préfète n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de la requérante.
12. En sixième et dernier lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit, la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. De tels moyens doivent donc être écartés.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B, veuve C, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B, veuve C, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, veuve C et au préfet de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Parisi et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
J. PARISI
Le président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026