vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, M. B A, représenté par
Me David, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension d'une décision de placement en régime " porte fermée " révélée par un courriel du 24 juillet 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 3 000 euros hors taxes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- Sur l'urgence : la condition d'urgence est remplie dès lors que les conditions d'incarcération sous le régime dit " porte fermée " sont plus strictes que sous un régime de détention normal, qu'il n'a plus de contact avec ses co-détenus, qu'il est privé d'activités sociales, éducatives et professionnelles essentielles pour sa réinsertion, que cette situation impacte de manière importante sa santé mentale et qu'il se trouve dans une situation de détresse psychologique ;
- Sur la condition relative au doute sérieux :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire préalable en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle comporte une double signature et un tampon, et la signature est illisible, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'est pas établi que la décision attaquée a été prise après avis de la commission pluridisciplinaire unique prévue par l'article D. 211-34 du code pénitentiaire et que la composition de cette commission est conforme à ces dispositions ;
- la décision attaquée n'est pas motivée, en méconnaissance des articles L. 211-2,
L. 211-3 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son bon comportement en détention ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que le régime qui lui est appliqué s'apparente à une mesure d'isolement.
Vu :
- l'arrêté dont la suspension est demandée et la copie de la requête à fin d'annulation de cet arrêté ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement et objectivement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il en va ainsi lorsque l'exécution de cette décision porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il est tenu compte de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.
3. Aux termes de l'article L. 211-4 du code pénitentiaire : " La répartition des personnes condamnées dans les établissements pour peines s'effectue compte tenu de leur catégorie pénale, de leur âge, de leur état de santé et de leur personnalité. Leur régime de détention est déterminé en prenant en compte leur personnalité, leur santé, leur dangerosité et leurs efforts en matière de réinsertion sociale. Le placement d'une personne détenue sous un régime de détention plus sévère ne saurait porter atteinte aux droits mentionnés par les dispositions de l'article L. 6. " Ces dispositions autorisent le chef d'établissement à prévoir, dans le cadre du règlement intérieur adapté à son établissement, des régimes différenciés de détention selon les détenus.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution d'une décision, révélée par un courriel du 24 juillet 2024, par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Liancourt a affecté M. A en régime de détention différencié dit " porte fermée " depuis le 23 février 2024, le requérant soutient que les conditions d'incarcération sous un tel régime sont plus strictes que sous un régime de détention normal, qu'il n'a plus de contact avec ses co-détenus, qu'il est privé d'activités sociales, éducatives et professionnelles essentielles pour sa réinsertion. Il précise que cette situation impacte de manière importante sa santé mentale et qu'il se trouve dans une situation de détresse psychologique. Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément de précision ni de justification à l'appui de ces allégations, pas plus qu'il n'indique les raisons pour lesquelles il n'a formé un recours contre la décision attaquée que le 8 août 2024, alors que ce régime lui est appliqué selon ses déclarations depuis le 23 février 2024. M. A ne détaille pas la nature des activités sociales, éducatives et professionnelles dont il affirme être privé depuis son placement en régime dit " porte fermé ". Il ne produit enfin aucun élément de nature à établir les conséquences de cette décision sur sa santé mentale. Dans ces conditions, alors qu'il appartient au requérant de justifier de l'urgence de l'affaire, M. A ne peut être regardé comme établissant l'existence de circonstances particulières de nature à caractériser une situation d'urgence qui justifierait que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision contestée, en application des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du même code et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Les conclusions de la requête étant en outre manifestement dénuées de fondement au sens et pour l'application de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me David.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Amiens, le 9 août 2024.
La juge des référés,
Signé :
C. Galle
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2403251
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026