LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403254

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403254

mardi 13 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403254
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a annulé l'arrêté du 8 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise avait assigné à résidence M. B A pour une durée de 45 jours. Le juge a estimé que l'éloignement de l'intéressé, ressortissant angolais, ne présentait pas de perspective raisonnable en raison de l'absence de laissez-passer délivré par les autorités angolaises et du refus de prise en charge des autorités congolaises, méconnaissant ainsi les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 13 août 2024, M. B A, représenté par Me Aydin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté, notifié le 6 août 2024, par lequel la préfète de l'Oise a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'en l'absence de laissez-passer délivré par les autorités angolaises et compte tenu du refus de prise en charge des autorités congolaises, son éloignement est dépourvu de perspective raisonnable ;

- cet arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il l'assigne sur le territoire d'une commune et non au sein d'une résidence ;

- il est entaché d'erreur de fait, dès lors que c'est à tort que la préfète de l'Oise a considéré qu'il ne justifiait pas de la stabilité et l'effectivité de son logement situé au 10 avenue Paul Fort sur le territoire de la commune de Meaux ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale au regard de l'objectif poursuivi, et est dépourvu de tout examen de sa situation personnelle, familiale et professionnelle, dès lors qu'il est assigné à résidence sur le territoire de la commune de Senlis alors qu'il vit avec sa compagne et leur enfant à Meaux et qu'il travaille.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise, qui n'a pas produit de mémoire en défense, et qui a versé, le 9 août 2024, des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 août 2024 :

- le rapport de Mme Galle, vice-présidente,

- les observations de Me Aydin, représentant M. B A, qui sollicite le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire pour le requérant, et qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et souligne que le requérant est de nationalité angolaise du fait d'une naissance en Angola, bien que ses parents soient congolais, que les autorités angolaises, qui n'ont pas contesté l'authenticité de ses documents de séjour, persisteront dans leur refus de le reconnaitre même dans le cadre d'une demande de réexamen, de sorte qu'il n'existe pas de perspective raisonnable d'éloignement ; elle soutient également, que compte tenu du placement en rétention de l'intéressé le 7 juin 2024, la date de signature de l'arrêté attaqué, en l'espèce le 8 juin 2024, doit être regardée comme entachée d'une erreur matérielle, celui-ci ayant seulement été édicté et notifiée après la libération de l'intéressé du centre de rétention, le 6 août 2024 ; elle soutient également que M. B A justifie d'un concubinage ancien et a un enfant avec sa compagne titulaire d'une carte de résident et que l'arrêté attaqué est dépourvu de toute motivation en ce qui concerne ces éléments qui étaient pourtant connus de la préfète dès lors qu'ils ont été présentés lors des différentes audiences devant le juge des libertés et de la détention ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A , ressortissant se déclarant angolais né le 11 juillet 1986, est entré sur le territoire français en 2016, selon ses déclarations. Par un arrêté du 4 juillet 2023, le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français. Par un arrêté daté du 8 juin 2024 et notifié le 6 août 2024 et dont M. B A demande l'annulation, la préfète de l'Oise a ordonné son assignation à résidence pour une durée de 45 jours.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B A, de prononcer d'office son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B A a été placé en rétention administrative par un arrêté de la préfète de l'Oise en date du 7 juin 2024, et qu'il a été maintenu en rétention jusqu'au 6 août 2024, date à laquelle le juge des libertés et de la détention a rejeté la demande de prorogation exceptionnelle présentée par l'autorité administrative, entrainant la libération de l'intéressé. Le requérant soutient sans être contesté sur ce point que l'arrêté attaqué, bien que daté du 8 juin 2024, a en réalité été édicté le 6 août 2024. Compte tenu de l'incohérence entre la date du 8 juin 2024 - date à laquelle l'intéressé était déjà au rétention administrative de Lille-Lesquin depuis la veille, où il a été maintenu jusqu'au 6 août 2024 - et l'objet de la mesure décidée par l'arrêté attaqué, qui vise à l'assigner à résidence sur le territoire de la commune de Senlis, et alors qu'il est constant que l'arrêté attaqué portant assignation à résidence a été notifié le 6 août 2024, il convient de considérer que la date de signature mentionnée sur l'arrêté attaqué, soit le 8 juin 2024, est entachée d'une erreur matérielle.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article R. 733-1 du même code dispose que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. L'arrêté attaqué assigne le requérant sur le territoire de la commune de Senlis (Oise), où il a été interpellé alors qu'il circulait sur l'autoroute A1, pour une durée de quarante-cinq jours, lui fait obligation de se présenter tous les lundi, mardi et vendredi matin à l'unité de gendarmerie située dans cette commune et lui fait interdiction de quitter le département sans autorisation. Or, il ressort des pièces du dossier, notamment des justificatifs de domicile du couple et des attestations de sa compagne, qui ne sont pas contestés par la préfète de l'Oise, que M. B A, ainsi qu'il l'a déclaré lors de son audition du 7 juin 2024, réside au 10 avenue Paul Fort à Meaux (77 100) avec sa compagne, titulaire d'une carte de résident, et leur enfant né le 8 septembre 2021. Compte tenu de cette circonstance, le requérant est fondé à soutenir qu'en l'assignant sur le territoire de la commune de Senlis, au motif qu'il s'agissait de son lieu d'interpellation, l'arrêté porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et est entaché d'un défaut d'examen. Le moyen soulevé à ce titre doit être accueilli.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le requérant est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté notifié le 6 août 2024 portant assignation à résidence.

Sur les conclusions tendant à l'application des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

9. M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Aydin, avocate de M. B A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Aydin de la somme de 1000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à M. B A.

D E C I D E :

Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté de la préfète de l'Oise notifié le 6 août 2024 portant assignation à résidence de M. B A est annulé.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Aydin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Aydin, avocate de M. B A, une somme de 1000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à M. B A.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. GALLE

Le greffier,

Signé

P. VROMAINE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions