mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403307 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DE BEAUREGARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2024, la SARL Le Bugatti, représentée par Me de Beauregard, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 31 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Oise a prononcé la fermeture administrative temporaire de l'établissement Le Bugatti, situé 16 rue Arago à Beauvais, pour une durée de trente jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision contestée compromet son équilibre financier, en raison de charges fixes mensuelles s'élevant à 52 488,41 euros et d'une trésorerie d'un montant de 4 133,57 euros, et entraînera une baisse de la fréquentation de l'établissement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors que la procédure contradictoire n'a pas été respectée, que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation en droit et en fait, que la mesure de police édictée n'était pas nécessaire, que les faits invoqués pour justifier la fermeture administrative ne présentent aucun lien avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation, et que la mesure prise par la préfète de l'Oise est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas signée ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés n'étant fondé, il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2403312 par laquelle la SARL Le Bugatti demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Demurger, juge des référés,
- les observations de Me de Beauregard, représentant la SARL Le Bugatti, et de Mme A, directrice de l'établissement " Le Bugatti ".
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 31 juillet 2024, la préfète de l'Oise a prononcé, en application des dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique et pour une durée de trente jours, la fermeture de l'établissement " Le Bugatti ", qui exploite une activité de discothèque et de débit de boissons à Beauvais. Par la présente requête, la SARL Le Bugatti demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
3. A l'appui de ses conclusions à fin de suspension, la SARL Le Bugatti soutient que la procédure contradictoire n'a pas été respectée, que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation en droit et en fait, que la mesure de police édictée n'était pas nécessaire, que les faits invoqués pour justifier la fermeture administrative ne présentent aucun lien avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation et que la mesure prise par la préfète de l'Oise est disproportionnée. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par la requérante n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté.
4. Il résulte de ce que qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence ni sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise en défense, que les conclusions que la SARL Le Bugatti présente sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Le Bugatti est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Le Bugatti et à la préfète de l'Oise.
Fait à Amiens le 28 août 2024.
La juge des référés,
Signé :
F. Demurger
La greffière,
Signé :
N. Wrobel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026