vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403417 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 et 29 août 2024, M. B D demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la ministre de l'Education nationale et de la jeunesse de " produire un arrêté explicite de mise en détachement pour exercer au lycée français international Alphonse Daudet ", sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, en l'absence de décision explicite accordant le détachement, le contrat qu'il a conclu avec le lycée français international Alphonse Daudet sera suspendu et il se trouvera privé d'emploi ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du travail ainsi qu'à la liberté contractuelle.
Par des mémoires en défense enregistrés le 29 août 2024, la ministre de l'Education nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les conditions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne sont pas remplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
- le code général de la fonction publique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été regulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 29 août 2024 à 14h, tenue en présence de
Mme Chatellain, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de M. A, représentant la ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Par la présente requête, M. B D demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la ministre de l'Education nationale de " produire un arrêté explicite de mise en détachement pour exercer au lycée français international Alphonse Daudet ", sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir.
3. Il résulte de l'instruction que, par courriel du 16 juillet 2024, la direction générale des ressources humaines du ministère de l'Education nationale et de la jeunesse a clairement indiqué à M. D que, pour pouvoir bénéficier d'un arrêté de détachement permettant de lever la condition suspensive du contrat signé avec le lycée Alphonse Daudet, il devait impérativement indiquer expressément, par courrier, d'une part, qu'il renonçait au bénéfice du concours de l'agrégation et, d'autre part, qu'il refusait d'effectuer une deuxième et dernière année de stage en qualité de professeur agrégé stagiaire durant l'année scolaire 2024-2025. Il n'est pas contesté que le requérant n'a jamais communiqué à l'administration sa décision explicite de renoncement au bénéfice du concours de l'agrégation et qu'il a, au contraire, présenté au rectorat de l'académie d'Amiens un recours gracieux le 24 juillet 2024, dans lequel il sollicite le retrait de l'arrêté du 12 juillet 2024 l'autorisant à renouveler son stage dans le corps des professeurs agrégés à compter du 1er septembre 2024, recours gracieux qui a fait l'objet d'une décision explicite de rejet le 27 août 2024. Il s'ensuit que M. D doit être regardé comme ayant, par son absence de réponse au courriel du 16 juillet 2024, empêché la direction générale des ressources humaines du ministère de l'Education nationale et de la jeunesse de prendre une décision explicite concernant son détachement.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, que M. D n'est pas fondé à soutenir que la ministre de l'Education nationale et de la jeunesse aurait porté une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale. Sa requête doit, par suite, être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et à la ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Amiens.
Fait à Amiens, le 6 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
signé
F. C
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403417
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