mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403506 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | WACQUIER LOUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 2 et 9 septembre 2024 et le 16 octobre 2024, Mme C A, épouse B, représentée Me Wacquier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Tunisie comme pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 5 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et les dispositions de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme C A, épouse B, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 août 2024.
Par une ordonnance du 7 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique
- le rapport de M. Le Gars, conseiller ;
- et les observations de Me Wacquier, représentant Mme A, épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, épouse B, ressortissante tunisienne, née le 3 août 1979, est entrée en France le 2 juin 2023 munie d'un visa de long séjour valable jusqu'au 17 juillet 2023 dans la cadre d'une procédure de regroupement familial. Le 7 juin 2023, l'intéressée a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 5 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et de l'article L. 423-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 juin 2024 dont l'intéressée demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Tunisie comme pays de destination.
2. Aux termes de l'article 5 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié relatif au séjour et au travail : " Le conjoint des personnes titulaires des titres de séjour et des titres de travail () ainsi que leurs enfants n'ayant pas atteint l'âge de la majorité dans le pays d'accueil, admis dans le cadre du regroupement familial sur le territoire de l'un ou de l'autre état, sont autorisés à y résider dans les mêmes conditions que lesdites personnes. ". Aux termes de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de rupture de la vie commune ne résultant pas du décès de l'un des conjoints, le titre de séjour qui a été remis au conjoint d'un étranger peut, pendant les trois années suivant l'autorisation de séjourner en France au titre du regroupement familial, faire l'objet d'un retrait ou d'un refus de renouvellement. / Lorsque la rupture de la vie commune est antérieure à la demande de titre, l'autorité administrative refuse d'accorder ce titre. ()".
3. Pour opposer un refus de titre de séjour à Mme A, épouse B, la préfète de l'Oise s'est fondée sur le motif tiré de la rupture de la vie commune avec son époux, qu'elle avait rejoint en France le 2 juin 2023 dans le cadre de la procédure de regroupement familial. Elle a relevé que le mari de Mme A lui avait adressé, le 17 mars 2024, un courrier faisant état notamment de son intention de divorcer. Toutefois, la requérante se prévaut d'une lettre du 9 juillet 2024 de son époux attestant avoir rédigé de façon impulsive, suite à une dispute conjugale ponctuelle, le courrier adressé à la préfète. Elle soutient que leur vie de couple est stable et qu'ils souhaitent la poursuivre. La requérante produit également des factures d'électricité, un avis d'imposition commun au titre des revenus de 2023, des photographies du couple postérieures au 17 mars 2024, ainsi que des attestations circonstanciées et concordantes de proches établissant la persistance de leur vie commune. Il ressort ainsi des pièces du dossier que le courrier daté du 17 mars 2024 s'inscrit dans le cadre d'un différend conjugal ponctuel et que la reprise de la vie commune a eu lieu antérieurement à la décision en litige. Dans ces conditions, compte tenu du maintien de sa communauté de vie avec son époux à la date de l'arrêté attaqué, Mme A, épouse B, est fondée à soutenir que la décision par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation en méconnaissance des stipulations et des dispositions citées au point 2.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle la préfète de l'Oise a refusé à Mme A, épouse B, la délivrance d'un titre de séjour, ainsi que par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le délai volontaire à trente jours, et le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée, doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Dans les circonstances de l'espèce, le présent jugement implique nécessairement que soit délivré à la requérante un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Oise de procéder à cette délivrance dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, à verser à Me Wacquier, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 juin 2024 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de délivrer à
Mme A, épouse B, un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Oise de délivrer à Mme A, épouse B, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " correspondant à sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Wacquier une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, épouse B, à Me Wacquier et au préfet de l'Oise
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. Le Gars
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026