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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403530

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403530

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403530
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCHEMLALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Chemlali, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la préfète de l'Oise n'était pas territorialement compétente pour l'assigner à résidence, dès lors qu'il ne réside pas dans le département de l'Oise mais à Créteil ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- la préfète ne lui a pas remis le formulaire de notification des droits et obligations en méconnaissance de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cet arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, dès lors qu'il réside à Créteil et non à Noyon ;

- cet arrêté porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il contribue, malgré sa séparation avec la mère de son enfant et la procédure de divorce en cours, à l'entretien et à l'éducation de ce dernier et que les modalités d'assignation à résidence ne lui permettent pas d'exercer son droit de visite et d'hébergement de son enfant ;

- il est entaché d'un détournement de procédure, dès lors que l'arrêté attaqué, qui date du 2 août 2024, date à laquelle il était placé en rétention administrative, ne lui a été notifié que le 1er septembre 2024 dans le but de le maintenir abusivement en rétention.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise, qui n'a pas produit de mémoire en défense ni de pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Parisi, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Parisi, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 2 août 2024, la préfète de l'Oise a ordonné l'assignation à résidence de M. B, ressortissant marocain né le 7 octobre 1994, pour une durée de quarante-cinq jours. Par la requêté susvisée, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour assigner un étranger à résidence en application de l'article L. 731-1 est le préfet de département où se situe le lieu d'assignation à résidence et, à Paris, le préfet de police. ".

3. Il ressort des pièces produites par M. B à l'instance, et notamment de l'attestation d'hébergement daté du 7 juillet 2024 ainsi que de l'assignation à fin de divorce devant le tribunal judiciaire de Compiègne, signifiée par voie de commissaire de justice à son épouse le 6 juin 2024, que M. B justifie résider à Créteil, dans le département du

Val-de-Marne, à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, seule la préfète du

Val-de-Marne pouvait, en application des dispositions combinées des articles L. 731-1 et

R. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assigner l'intéressé à résidence. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la préfète de l'Oise n'était pas territorialement compétente pour l'assigner à résidence.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 août 2024.

Sur les frais d'instance :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 2 août 2024 par lequel la préfète de l'Oise a assigné M. B à résidence est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

J. PARISILa greffière,

Signé :

S. GRARE

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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