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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403538

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403538

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403538
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAGGAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Aggar, avocate commise d'office, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel la préfète de l'Oise a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- ces arrêtés ont été signés par une autorité incompétente ;

- ils sont insuffisamment motivés et sont entachés d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- il n'a pas été notifié par le truchement d'un interprète en langue ourdou ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise au terme d'une procédure méconnaissant le droit d'être entendu, garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne repris à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, dès lors qu'il n'a pas été en mesure de présenter d'observations sur la perspective de son éloignement et sur son séjour en France ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la préfète ne pouvait édicter une mesure d'éloignement à son encontre dès lors qu'il a vocation à obtenir un titre de séjour au regard de motifs exceptionnels concernant sa situation professionnelle ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne présente pas de risque de soustraction à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;

- la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision l'assignant à résidence porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- les deux arrêtés attaqués méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise, qui n'a pas produit de mémoire en défense, et qui a versé, le 12 septembre 2024, des pièces au dossier.

Vu :

- la prestation de serment de Mme B, interprète en langue ourdou ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Parisi, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Parisi, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 19 septembre 2024.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 1er octobre 1998, est entré sur le territoire français, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 13 septembre 2022 au 28 octobre 2022. L'intéressé a été interpellé par les services de la police aux frontières le

4 septembre 2024, dans le cadre d'un contrôle d'identité à la gare SNCF de Beauvais. Par un arrêté du 4 septembre 2024, la préfète de l'Oise a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par ailleurs, par un arrêté du même jour, la préfète de l'Oise a ordonné l'assignation à résidence de M. A pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Oise le même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise sous réserve d'exceptions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions résultant des arrêtés attaqués. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachés les arrêtés attaqués doit être écarté.

5. En deuxième lieu, d'une part, la décision obligeant M. A à quitter le territoire français vise le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de sa situation personnelle et familiale que la préfète a pris en compte pour l'édicter. Par ailleurs, en visant l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant que M. A était de nationalité pakistanaise et n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, la préfète a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de renvoi. En outre, la décision refusant à M. A le bénéfice d'un délai de départ volontaire vise les 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments que la préfète a pris en compte pour l'édicter, notamment les circonstances que M. A ne justifie pas d'une résidence effective et permanente. Enfin, la décision interdisant M. A de retour sur le territoire français vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne la date d'entrée sur le territoire français qu'a déclarée l'intéressé, la nature de ses attaches en France, l'absence de précédente mesure d'éloignement à son encontre et la circonstance que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Ainsi, l'arrêté contesté, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de fait relatifs à la situation de M. A, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre le requérant en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté. Il en va de même, compte tenu du caractère détaillé de cette motivation, du moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

7. L'arrêté assignant M. A à résidence précise que l'intéressé a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle le délai de départ volontaire lui a été refusé. Il comporte dès lors les considérations de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait de cet arrêté doit être écarté.

8. En troisième lieu, si M. A conteste les modalités de notification de l'arrêté litigieux, celles-ci sont toutefois sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué lui a été notifié par l'intermédiaire d'un interprète en langue ourdou, langue qu'il a déclarée comprendre. Par suite, le moyen tiré de ce que M. A n'aurait pas été en mesure de comprendre le sens et la portée de la mesure d'éloignement prise à son encontre doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : /- le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en exécution de cette obligation, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

10. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police le 4 septembre 2024, qui s'est déroulée avec l'assistance d'un interprète en langue ourdou, langue que M. A a déclaré comprendre, ce dernier a été en mesure d'exprimer de façon suffisamment claire, en langue française, ses observations sur la perspective d'une mesure de reconduite à la frontière éventuellement assortie d'une assignation à résidence et a pu exposer, à cette occasion, sa situation personnelle, familiale et administrative et manifesté son souhait de rester en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu préalablement à l'intervention d'une décision qui l'affecterait défavorablement doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français muni d'un visa de court séjour valable du 13 septembre 2022 au 28 octobre 2022. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de ce visa sans être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".

14. Si M. A se prévaut de sa présence en France depuis novembre 2021, de l'activité professionnelle qu'il exerce dans un secteur en tension, de son adresse stable et de la circonstance qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations. En tout état de cause, de telles circonstances, à les supposer même alléguées, ne sauraient suffire à traduire son insertion suffisante au sein de la société française. En outre, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal de son audition suite à son interpellation par les services de police du 4 septembre 2024, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 24 ans et où résident son père et quatre de ses frères et sœurs. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'ensuit que le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

15. En septième lieu, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, eu égard aux développements précédents, que la préfète de l'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporte l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. A.

16. En huitième lieu, si M. A se prévaut de son droit à se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1, L. 421-1 et L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ferait obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement à son encontre, l'intéressé n'établit pas pouvoir prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit ou se trouver dans une des situations visées à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

17. En neuvième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant tout délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

18. En dixième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

19. Il ressort des pièces du dossier que si M. A a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile, sa demande a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 décembre 2023, et qu'il s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification de ce refus le 6 février 2024. Par ailleurs, il ressort de ces mêmes pièces, et notamment du procès-verbal de l'audition de l'intéressé à la suite de son interpellation par les services de police le 4 septembre 2024, que M. A a déclaré résider au 7 avenue de Savigny sur le territoire de la commune d'Aulnay-sous-Bois. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait justifié de sa résidence effective et permanente à cette adresse. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que la préfète se serait fondée sur ces seuls motifs pour refuser de délivrer à M. A un délai de départ volontaire et que l'intéressé ne se prévaut en tout état de cause d'aucune circonstance particulière, l'autorité préfectorale n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent du présent jugement. Un tel moyen doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

20. En onzième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de cette dernière.

21. En douzième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions combinées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

22. En se bornant à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. A n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, un tel moyen doit être écarté.

23. En treizième lieu, à supposer même que M. A ait entendu soulever le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre de la décision portant interdiction de quitter le territoire français, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 13 à 15 du présent jugement.

24. En quatorzième lieu, si M. A soutient que la décision l'assignant à résidence porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ces moyens d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite de tels moyens doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, ces moyens dirigés à l'encontre de l'arrêté du 4 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an doivent être écartés.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des arrêtés de la préfète de l'Oise du 4 septembre 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. C A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la préfète de l'Oise et à Me Aggar.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

J. PARISILa greffière,

Signé :

N. WROBEL

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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