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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403540

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403540

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403540
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET BIBARD AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

D une ordonnance du 4 septembre 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmise au tribunal administratif d'Amiens la requête, présentée par M. C, initialement enregistrée sous le n° 2407690 le 22 juillet 2024 au greffe du tribunal administratif de Lille.

D cette requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif d'Amiens sous le n°2403540 le 6 et le 16 septembre 2024, M. A C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2024 par lequel le préfet de la Somme lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- il ne lui a pas été notifié dans une langue qu'il comprend.

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision a été prise au terme d'une procédure méconnaissant le droit d'être entendu, garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne repris à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, dès lors qu'il n'a pas été en mesure de présenter d'observations sur la perspective de son éloignement et sur son séjour en France ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la préfète ne pouvait édicter une mesure d'éloignement à son encontre dès lors qu'il a vocation à obtenir un titre de séjour au regard de motifs exceptionnels concernant sa situation professionnelle ;

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

- cette décision est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation quant à la durée de cette interdiction.

La requête a été communiquée au préfet de la Somme, qui n'a pas produit de mémoire en défense, et qui a versé, le 24 juillet 2024, des pièces au dossier.

Vu :

- la prestation de serment de Mme B, interprète en langue arabe ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Parisi, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Parisi, magistrate désignée,

- les observations de Me Aggar, avocate désignée d'office, représentant M. C, non présent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, né le 20 avril 1998, a été interpellé par les services de police d'Amiens le 20 juillet 2024, dans le cadre d'un contrôle d'identité. D un arrêté du 21 juillet 2024, le préfet de la Somme a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. D une ordonnance du 24 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Lille a mis fin à la rétention administrative de M. C, prononcée par le préfet de la Somme le 21 juillet 2024. M. C D ailleurs, par un arrêté du 24 juillet 2024, le préfet de la Somme a ordonné l'assignation à résidence de M. C pour une durée de 45 jours

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

4. En premier lieu, par un arrêté du 15 janvier 2024, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture de la Somme, le préfet de ce département a donné délégation à M. Emmanuel Moulard, secrétaire général de la préfecture de la Somme, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, documents et correspondances diverses relevant des attributions de l'État dans le département de la Somme à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des ressortissants étrangers. D suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision obligeant M. C à quitter le territoire français vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de sa situation personnelle et familiale que le préfet a pris en compte pour l'édicter. D ailleurs, en visant l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant que M. C était de nationalité algérienne et n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de renvoi. En outre, la décision refusant à M. C le bénéfice d'un délai de départ volontaire vise les 1°, 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 ainsi que l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de sa situation personnelle et familiale que le préfet a pris en compte pour l'édicter, notamment les circonstances que M. C ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Enfin, la décision interdisant M. C de retour sur le territoire français vise l'article L. 612- 6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne la date d'entrée sur le territoire français qu'a déclarée l'intéressé, la nature de ses attaches en France, et la circonstance que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi, l'arrêté contesté, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de fait relatifs à la situation de M. C, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre le requérant en mesure d'en discuter utilement les motifs. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté. Il en va de même, compte tenu du caractère détaillé de cette motivation, du moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.

6. En troisième lieu, M. C ne saurait utilement se prévaloir de ce que les décisions querellées ne lui auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend, les conditions de notification d'une décision étant sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées ont été notifiées à l'intéressé par le truchement d'un interprète en langue arabe, langue qu'il a déclaré comprendre. D suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Le paragraphe 2 de ce même article prévoit que : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si l'article 41 de la charte s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense.

8. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de gendarmerie le 21 juillet 2024, M. C a été invité à présenter ses observations sur la perspective d'une mesure de reconduite à la frontière éventuellement assortie d'une assignation à résidence. A cette occasion, l'intéressé a manifesté son souhait de rester en France. Durant cette audition, le requérant a eu par ailleurs l'opportunité de s'exprimer sur les raisons de son départ et sur son parcours, sur sa situation familiale et son pays, sur sa situation administrative ainsi que sur ses moyens de subsistance et viatique. Il s'ensuit qu'une telle audition a permis d'éclairer suffisamment l'autorité préfectorale sur la situation réelle de M. C de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance du droit de ce dernier à être entendu doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".

10. Si M. C se prévaut de sa présence en France depuis 2022, de l'activité professionnelle qu'il exerce dans un secteur en tension, de son adresse stable et de la circonstance qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations. En tout état de cause, de telles circonstances, à les supposer même alléguées, ne sauraient suffire à traduire son insertion suffisante au sein de la société française. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'ensuit que le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

11. En troisième lieu, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, eu égard aux développements précédents, que le préfet de la Somme aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporte la décision attaquée sur la situation personnelle de M. C.

12. En dernier lieu, si M. C se prévaut de son droit à se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1, L. 421-1 et L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ferait obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement à son encontre, l'intéressé n'établit pas pouvoir prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit ou se trouver dans une des situations visées à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant tout délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " D dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et a en outre fait l'objet, le 13 août 2022 puis le 17 décembre 2023, de deux mesures d'éloignement, auxquelles il n'a pas déféré. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet de la Somme a considéré, en se fondant sur le 1° et le 5° de l'article L. 612-3 et le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que le préfet se serait fondé sur ces seuls motifs pour refuser de délivrer à M. C un délai de départ volontaire et que l'intéressé ne se prévaut en tout état de cause d'aucune circonstance particulière, l'autorité préfectorale n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 6 du présent jugement. Un tel moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de cette dernière.

17. En second lieu, si M. C soutient que la décision fixant l'Algérie comme pays de renvoi méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ne fait état d'aucune crainte personnelle en cas de retour en Algérie. Dans ces conditions, ce moyen, qui n'est étayé par aucun élément de fait propre à la situation de l'intéressé, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. D suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions combinées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

19. En se bornant à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans est entachée d'erreur d'appréciation, M. C n'assortit pas ce moyen des précisions nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, M. C ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire ni d'aucune attache privée ou familiale d'une intensité particulière en France, et ce alors même qu'il a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré. D suite, le préfet de la Somme, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant, n'a pas entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Somme du 21 juillet 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. A C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de la Somme et à Me Aggar.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

J. PARISILa greffière,

Signé :

S. GRARE

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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