mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403596 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 septembre et 17 octobre 2024, la société Groupe NS, représentée par Me Szymanski, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Thiverny lui a opposé un refus de travaux au titre de l'article
L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que de l'arrêté du même jour par lequel la même autorité a prononcé la fermeture de l'établissement ;
2°) d'enjoindre à la commune de Thiverny de procéder au réexamen, à titre provisoire, de sa demande de travaux ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est réunie en raison de la fermeture de l'établissement pour une durée indéfinie ; elle se voit privée de revenus, ce qui met en péril les emplois de ses salariés et rend certain son placement en liquidation judiciaire ; le total des pertes à prévoir au titre de l'exercice 2025, en cas d'absence d'exploitation de la salle de Montataire, s'établira à la somme de 181 770 € ; elle doit prendre en charge un loyer commercial d'un montant annuel de
14 400 euros hors taxes ; elle ne dispose pas de plusieurs centres de formation dans l'Oise ; il lui serait difficile de conduire ses prestations dans une nouvelle salle de formation, car cela impliquerait de mener à bien les procédures administratives permettant de certifier cette salle une fois celle-ci trouvée ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés attaqués, dès lors que :
* l'arrêté portant refus d'autorisation de travaux est entaché d'un défaut de motivation ;
* l'arrêté de fermeture a été signé par une autorité incompétente ;
* il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;
* il méconnaît les dispositions de l'article R. 143-21 du code de la construction et de l'habitation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 septembre et 17 octobre 2024, la commune de Thiverny, représentée par Me Tourbier, conclut à ce que l'Etat soit appelé à la cause, à ce que la requête soit rejetée, et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Groupe NS la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la société Groupe NS sont infondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'il ne lui appartient de défendre, que la décision portant autorisation de travaux et que les moyens invoqués à l'encontre de cette décision sont infondés.
Vu :
- la requête n° 2403627, enregistrée le 11 septembre 2024, par laquelle la société requérante demande l'annulation des arrêtés susvisés ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Lebdiri, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 octobre 2024 à 16 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Wrobel, greffière d'audience :
- le rapport de M. Lebdiri, juge des référés ;
- les observations de Me Szymanski, représentant la société Groupe NS, qui reprend les conclusions et moyens de la requête, et de M. A, responsable d'exploitation de la société Groupe NS ;
- les observations de Me Delort, représentant la commune de Thiverny, qui confirme ses écritures en défense et soulève la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir ;
- et les observations de Mme B, représentant la préfète de l'Oise, qui confirme ses écritures en défense et soulève la fin de non-recevoir tirée de l'absence de recours au fond.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société Groupe NS, ayant pour nom commercial NS Formation Conseil, a, le 10 mai 2024, déposé auprès du maire de la commune de Thiverny, agissant au nom de l'Etat, un dossier de régularisation en vue d'aménager un centre de formation dans une cellule de la galerie marchande d'un centre commercial. Par un arrêté du 15 juillet 2024, le maire de la commune de Thiverny a opposé à la société Groupe NS un refus de travaux au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation. En outre, par un arrêté du même jour, la même autorité a prononcé la fermeture de l'établissement. Dans le cadre de la présente instance, la société Groupe NS demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. D'une part, il est constant que la société Groupe NS n'invoque aucune situation d'urgence découlant de l'arrêté du 15 juillet 2024 portant refus de travaux au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation.
5. D'autre part, pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence liée aux effets de l'arrêté du 15 juillet 2024 prononçant la fermeture de son établissement, la société Groupe NS fait valoir qu'elle se voit privée de revenus, ce qui met en péril les emplois de ses salariés et rend certain son placement en liquidation judiciaire. Elle expose que le total des pertes à prévoir au titre de l'exercice 2025, en cas d'absence d'exploitation de la salle de Montataire, s'établira à la somme de 181 770 €, et précise qu'elle doit prendre en charge un loyer commercial d'un montant annuel de 14 400 euros hors taxes. Enfin, la société requérante soutient qu'il lui serait difficile de conduire ses prestations dans une nouvelle salle de formation, dans la mesure où cela impliquerait de mener à bien les procédures administratives permettant de certifier cette salle une fois celle-ci trouvée.
6. Il résulte toutefois de l'instruction que la sous-commission consultative départementale pour la sécurité contre les risques incendie et de panique dans les établissements recevant du public et les immeubles de grande hauteur a émis, le 11 juillet 2024, à la suite d'une visite de la commission de sécurité du 26 août 2021, un avis défavorable à la réalisation des travaux destinés à aménager un centre de formation dans une cellule de la galerie marchande d'un centre commercial. A cet égard, la sous-commission a relevé : " Considérant que les centres commerciaux sont considérés, compte-tenu de leur potentiel calorifique, comme des établissements à risques particuliers d'incendie. Leurs activités sont ainsi limitées aux locaux de vente, de bars et de restauration, de bureaux et exceptionnellement de postes consultations, de crèches et de garderies, avec pour chacune d'elles un fonctionnement pendant les heures d'exploitation du centre commercial ". Dans ces conditions, en raison de la nécessité impérieuse de garantir la sécurité du public, un intérêt public s'attache à l'exécution de l'arrêté du 15 juillet 2024 portant fermeture de l'établissement de la société Groupe NS. Cet intérêt public l'emporte sur les intérêts invoqués par la société requérante.
7. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision administrative ne peut être regardée comme remplie.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Ainsi, les conclusions présentées à ce titre par la société Groupe NS doivent être rejetées. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Groupe NS la somme demandée par la commune de Thiverny en application des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Groupe NS est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Thiverny au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Groupe NS, à la préfète de l'Oise et à la commune de Thiverny.
Fait à Amiens, le 29 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé :
S. Lebdiri
La greffière
Signé :
N. WrobelLa République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026