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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403610

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403610

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403610
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Amiens, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A, ressortissante congolaise, qui sollicitait la suspension de la décision implicite de la préfète de l’Oise refusant d’enregistrer sa demande d’asile. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment tirés de la méconnaissance du droit d’asile, des stipulations de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et de la convention européenne des droits de l’homme, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. La condition d’urgence n’a pas été examinée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Tourbier, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a refusé d'enregistrer sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demande d'asile, ainsi que le formulaire de demande d'asile, pour qu'elle puisse introduire sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ce dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la préfète a refusé d'enregistrer sa demande d'asile compte tenu de sa minorité ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, dès lors que :

* la demande d'asile est une procédure déclarative ; aucune empreinte digitale n'a été effectuée sur sa personne ; elle ne dispose pas de documents d'état civil ou de nationalité ; le refus qui lui a été opposé repose sur un simple soupçon sur sa minorité ;

* son isolement est caractérisé en l'absence de représentant légal sur le territoire français ou d'une personne majeure identifiée la prenant en charge ;

* la décision attaquée contrevient aux stipulations des articles 3-1 et 8 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et 17 de la charte sociale européenne, ainsi qu'aux dispositions de l'article R. 222-11 du code de l'action sociale et des familles ; son droit à préserver son identité a été méconnu ; la détermination de son âge n'a pas été entourée de l'ensemble des garanties prévues par ces textes ;

* la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile ; la préfecture de l'Oise a refusé d'enregistrer son dossier d'asile en dépit de ses nombreuses demandes en ce sens ; aucune disposition légale, réglementaire ou jurisprudentielle ne permet de faire obstacle à une demande d'asile sans représentant légal ou administrateur ad hoc.

Par un mémoire, enregistré le 25 septembre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par la requérante sont infondés.

Par une décision du 25 septembre 2024, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- la requête n° 2403636, enregistrée le 12 septembre 2024, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision susvisée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Lebdiri, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 26 septembre 2024 à 9 heures.

Après avoir lu son rapport et entendu au cours de l'audience publique en présence de Mme Wrobel, greffière d'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A, de nationalité congolaise (République démocratique du Congo), demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a refusé d'enregistrer sa demande d'asile.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 septembre 2024, il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la requérante et visés

ci-dessus, n'est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.

5. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être rejetée, y compris les conclusions au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.

Fait à Amiens, le 7 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé :

S. Lebdiri

La greffière,

Signé :

N. Wrobel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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