mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403694 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2024, la société SMGD, M. A C et Mme D B, représentés par Me Szymanski, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la délibération du 9 septembre 2024 par laquelle le conseil municipal de la commune de Wavignies a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur les parcelles cadastrées section H n°s 691, 692 et 760 au 693 rue Lucien Sueur à Wavignies ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Wavignies une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence à suspendre la décision de préemption est présumée lorsque le recours est formé, comme en l'espèce, par les acquéreurs évincés ;
- cette délibération est entachée d'un vice d'incompétence du fait de l'adhésion de la commune de Wavignies à la communauté de communes du plateau Picard, détenant seule la compétence en matière d'exercice du droit de préemption ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme en l'absence d'existence d'un projet d'aménagement, au sens de ces dispositions, qui serait susceptible de fonder l'exercice du droit de préemption urbain.
Par un mémoire, enregistré le 11 octobre 2024, la commune de Wavignies conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir d'une part, que la situation d'urgence invoquée n'est pas établie dès lors qu'il existe un intérêt public à ce que le déficit d'équipements sportifs sur son territoire soit comblé à court terme et d'autre part, qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté.
Vu :
- la requête au fond enregistrée le 20 septembre 2024 sous le n° 2403733 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 14 octobre 2024 à 10h30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Grare, greffière :
- le rapport de M. Binand, juge des référés ;
- les observations de Me Szymanski qui :
- abandonne le moyen tiré de l'incompétence ;
- soutient que le projet des requérants s'inscrit dans le développement économique poursuivi par la communauté de communes qui présente un intérêt public, que ce projet prendra la forme d'un stockage de véhicules de curage, en adéquation avec les anciennes installations polluées par des hydrocarbures ;
- fait valoir que, au contraire, le projet mis en avant par la commune n'a pas d'antériorité dès lors que les attestations produites au dossier sont postérieures à la délibération attaquée et non probantes, que rien au projet de révision du plan local d'urbanisme ne pouvait attester de la réalité et de l'actualité du projet et qu'un terrain a été déjà été acquis à cette fin et n'est toujours pas utilisé.
- et les observations de Me Delort, qui fait valoir que :
- l'activité des acquéreurs est incompatible avec le zonage UBp dans lequel le terrain est situé de telle sorte que la condition d'urgence n'est pas remplie ; qu'une seule salle des fêtes est insuffisante comme le démontrent les refus antérieurs de la commune à mettre la salle à dispositions de plusieurs associations sportives ; que l'ancien espace réservé du document d'urbanisme antérieur de la commune prévoyait déjà un gymnase qui n'a pas été réalisé ;
- l'intérêt du projet est caractérisé, par le recrutement d'un éducateur sportif mutualisé, par la localisation du projet, et par le coût inférieur à celui d'une construction neuve sur la parcelle qui avait été acquise à proximité, sur laquelle n'a pu être aménagé qu'un terrain de pratique sportive et non la halle de sports qui avait été envisagée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision "
2. La commune de Wavignies a été rendue destinataire, le 15 juillet 2024, d'une déclaration d'intention d'aliéner portant sur les parcelles cadastrées section H n°s 691, 692 et 760 situées 693 rue Lucien Sueur à Wavignies, au prix de 140 000 euros en faveur de la société SMGD et de ses gérants M. A C et Mme D B. Par une délibération du 9 septembre 2024, le conseil municipal de Wavignies a décidé d'exercer le droit de préemption sur la propriété au prix demandé. Par la présente requête, la société SMGD, représentée par M. C et Mme B, qui se sont portés acquéreurs de ces biens, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette délibération portant exercice du droit de préemption par la commune de Wavignies.
3. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. /()/ Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé". Aux termes de l'article L. 300-1 du même code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le recyclage foncier ou le renouvellement urbain, de sauvegarder, de restaurer ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, de renaturer ou de désartificialiser des sols, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser. / L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations. ".
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du même code auxquels ces dispositions se réfèrent, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption.
5. Il résulte des motifs de la délibération du 9 septembre 2024 que le conseil municipal de la commune de Wavignies a souhaité préempter le bien situé 693 rue Lucien Sueur à Wavignies afin de disposer d'un gymnase dédié aux activités sportives au sein de la commune. Il ressort de l'examen du rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune révisé en 2020, que celle-ci verse au dossier, qu'un besoin avait été identifié en ce sens dans le document d'urbanisme antérieur, notamment par la construction d'un " city-stade " ainsi que d'un gymnase sur un emplacement qui a été acquis à cette fin. Toutefois, il est constant que le gymnase n'a pas été construit et la commune fait état d'un besoin qui n'est pas satisfait par le partage de la salle des fêtes municipale entre les différentes associations sportives, alors en outre qu'elle bénéficie de la mise à disposition d'un éducateur sportif depuis le 19 mars 2021 afin de renforcer la pratique sportive sur son territoire. Enfin, la commune soutient, sans être contredite, que cet aménagement s'inscrit en cohérence avec la liaison douce aménagée entre la rue Lucien Sueur et la rue de la Hercherie, présentant plusieurs équipements et infrastructures destinés à l'activité sportive. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas établi que, eu égard aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, la mise en œuvre du droit de préemption ne répondrait pas à un intérêt général suffisant, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme n'est pas propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
7. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Wavignies, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société SMGD, de M. C et de Mme B une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Wavignies et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société SMGD, de M. C et de Mme B est rejetée.
Article 2 : La société SMGD, M. C et Mme B verseront à la commune de Wavignies une somme globale de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SMGD, à M. A C, à Mme D B et à la commune de Wavignies.
Fait à Amiens, le 30 octobre 2024.
Le juge des référés, La greffière,
Signé : Signé :
C. Binand S. Grare
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026