mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | FRÖLICH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, la société MCS Parcs et Jardins doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation du marché de fourniture et pose de clôtures autour des ouvrages d'accès à l'eau potable (AEP) engagée par le syndicat des eaux du Soissonnais et du Valois (SESV), et notamment la décision du 18 septembre 2024 par laquelle le président de cet établissement a écarté son offre comme irrégulière ;
2°) d'enjoindre au pouvoir adjudicateur de reprendre la procédure à compter du stade de la publicité préalable.
Elle soutient que le pouvoir adjudicateur ne pouvait écarter son offre comme irrégulière sans l'examiner, alors que cette offre était conforme aux prescriptions du cahier des charges, notamment en prévoyant la fourniture de poteaux dit "en T" pourvus de jambes de force, tendeurs et fils de tension, de sorte que son élimination au motif qu'elle prévoyait la fourniture de tels poteaux sans attache ne peut résulter que d'un motif discriminatoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, le syndicat des eaux du Soissonnais et du Valois (SESV), représenté par Me Frölich, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société MCS Parcs et Jardins une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé et que l'offre de la société était irrégulière comme ne respectant pas l'exigence du cahier des charges de prévoir des poteaux comprenant un scellement assuré par tige d'ancrage en tube soudé à mi-hauteur du plot béton.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024 à 11h00 :
- le rapport de M. Thérain, vice-président ;
- les observations de M. A, dirigeant de la société MCS Parcs et Jardins, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens, en relevant l'ambiguïté des prescriptions des documents de la consultation sur la solution technique envisagée ;
- celles de Me Sellier, substituant Me Frölich, représentant le SESV, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat des eaux du Soissonnais et du Valois (SESV) a engagé le 13 juin 2024 une procédure adaptée en vue de l'attribution d'un marché de fourniture et pose de clôtures autour de ses ouvrages d'accès à l'eau potable (AEP). Par un courrier du 18 septembre 2024, le pouvoir adjudicateur a informé la société MCS Parcs et Jardins du rejet de son offre comme étant irrégulière, au motif que son offre prévoyait la fourniture de poteaux dit "en T" dépourvus d'attaches. La société MCS Parcs et Jardins demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la procédure de passation de ce marché, notamment la décision écartant son offre comme irrégulière, et d'enjoindre au pouvoir adjudicateur de la reprendre à compter du stade de la publicité préalable.
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix () ". Il appartient au juge du référé précontractuel de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte, en avantageant une entreprise concurrente.
3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 2152-1 du code de la commande publique : " L'acheteur écarte les offres irrégulières, inacceptables ou inappropriées ". Selon l'article L. 2152-2 du même code : " Une offre irrégulière est une offre qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation, en particulier parce qu'elle est incomplète, ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale ".
4. Il résulte du bordereau des prix unitaires du contrat, qui était au nombre des documents de la consultation, que le pouvoir adjudicateur demandait, afin de réaliser les clôtures faisant l'objet du marché, la fourniture et la pose de poteaux en acier galvanisé comprenant un scellement assuré par tige d'ancrage en tube soudé à mi-hauteur d'un plot béton. Si la description de cette solution technique n'était pas dépourvue d'ambiguïté, notamment en prévoyant des tubes de type 25/25 alors qu'une seconde cote n'était pas nécessaire pour décrire leur diamètre, elle excluait en revanche en elle-même la solution proposée par la société requérante, soit la fourniture et la pose de poteaux dit " en T " ne se scellant pas au moyen d'une tige d'ancrage, mais directement dans le béton. Dans ces conditions, et alors que l'ambiguïté relevée ci-dessus n'a pu léser la société requérante dont la solution ne respectait en tout état de cause pas les exigences des documents de la consultation relatives à la forme et à la méthode de scellement des poteaux, cette dernière n'est pas fondée à soutenir que le SESV aurait écarté à tort son offre comme irrégulière. Il en va ainsi alors même que le motif d'irrégularité de son offre relevé aux termes de la décision du 18 septembre 2024 l'écartant comme telle, en se bornant à mentionner que les poteaux que la société envisageait de fournir ne comprenaient pas d'attaches, était en lui-même inexact.
5. Il résulte de ce qui précède la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la procédure de passation litigieuse, et notamment pas la décision écartant son offre comme irrégulière. Ses conclusions aux fins d'injonction doivent par suite être également rejetées.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que le SESV présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par la société MCS Parcs et Jardins est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le SESV sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société MCS Parcs et Jardins, à la société TED entreprise et au Syndicat des Eaux du Soissonnais et du Valois (SESV).
Fait à Amiens, le 22 octobre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé :
S. ThérainLa greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026