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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403799

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403799

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403799
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Amiens, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension présentée par Mme D. Celle-ci contestait un courriel de l’EHPAD L’Orée des Bois Leclère Grandin relatif à la facturation de frais de carence hospitalière. Le juge a estimé que ce courriel ne constituait pas une décision faisant grief et qu’il était donc irrecevable. Il a également considéré que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour la requérante de justifier d’une atteinte grave et immédiate à sa situation. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2024, Mme B D, représentée par Mme C A doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la " décision " du 10 septembre 2024 par laquelle l'attachée d'administration de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) L'Orée des Bois Leclère Grandin de Saint-Gobain (Aisne) lui a apporté des explications sur la facturation de frais de carence hospitalière au titre des frais de séjour dans cet établissement du mois de juin 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l'EHPAD L'Orée des Bois Leclère Grandin la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que Mme D a déjà été hospitalisée et risque de l'être à nouveau ;

- il existe un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- les clauses du contrat de séjour relatives à la facturation de frais en cas d'hospitalisation sont illégales comme contraires aux articles R. 232-32 et R. 314-204 du code de l'action sociale et des familles.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2403815, enregistrée le 27 septembre 2024, par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'action sociale et de la famille ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. La requête de Mme D est dirigée contre un courrier électronique d'une attachée d'administration de l'EHPAD L'Orée des Bois Leclère Grandin qui se borne à lui rappeler les règles de facturation des frais de carence hospitalière par l'établissement, qui ne lui fait donc pas grief et ne constitue pas une décision qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir. En tout état de cause, la requérante, qui se borne à faire valoir qu'elle a été hospitalisée et risque de l'être à nouveau, ne justifie d'aucune urgence à statuer sur sa demande, en l'absence de preuve que sa situation financière ou personnelle est affectée par la facturation de ces frais. Par suite, la requête de Mme D, qui est irrecevable et ne satisfait pas à la condition d'urgence doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D et à Mme C A.

Fait à Amiens, le 2 octobre 2024

Le juge des référés,

Signé :

B. Boutou

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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