mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. B A D, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en ce qu'il est relatif à l'obligation de quitter le territoire sans délai et l'interdiction de retour ;
- la procédure est viciée dès lors que son droit d'être entendu préalablement aux mesures prononcées par l'arrêté attaqué n'a pas été respecté ;
- la décision d'éloignement contestée a été prise sans examen sérieux de sa situation ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 31 décembre 2024, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 janvier 2025 à 12h00.
M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy, premier conseiller honoraire a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les observations de Me Delors, substituant Me Tourbier.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A D, ressortissant de la République Démocratique du Congo né le 8 avril 1997, est entré sur le territoire français en 2016, selon ses déclarations. Après que sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 27 octobre 2016, décision confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 13 février 2018, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire par le préfet de l'Eure le 3 septembre 2019 à laquelle il n'a pas déféré. A la suite de son interpellation le 30 septembre 2024, le préfet de la Somme, par un arrêté du même jour, dont M. A D demande l'annulation, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
2. En premier lieu, la décision obligeant M. A D à quitter le territoire français vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel elle est fondée et précise les éléments de sa situation personnelle que le préfet a pris en considération, notamment l'absence de justification de la réalité de la relation de concubinage dont l'intéressé s'est prévalu à l'occasion de la vérification de son droit au séjour. Par ailleurs, la décision refusant à M. A D le bénéfice d'un délai de départ volontaire vise les dispositions de l'article L. 612-2 et de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et relève que M. A D ne justifie d'aucune circonstance particulière de nature à lui accorder un délai de départ volontaire. En indiquant que M. A D n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour au pays d'origine, le préfet a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de destination. Enfin, la décision interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que M. A D ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à une telle mesure, précise les critères sur lesquels s'est fondé le préfet, à savoir la durée de présence de l'intéressé sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et la circonstance qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré. Dans ces conditions, alors que l'arrêté cite les textes dont il fait application et mentionne suffisamment les éléments de la situation personnelle de l'intéressé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions qu'il contient doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui constitue un principe garanti par le droit de l'union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. En l'espèce, il ressort du procès-verbal de l'audition de M. A D effectuée, le 30 septembre 2024, dans le cadre de la vérification de son droit au séjour et dont la sincérité n'est pas démentie de manière circonstanciée, qu'ont été relevés l'entrée irrégulière de l'intéressé sur le territoire français et son maintien sans être titulaire d'un titre de séjour, qu'il a pu exposer les éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale, ainsi, en particulier, que les motifs de son désaccord quant à la perspective d'une obligation de quitter le territoire français ainsi que des décisions susceptibles d'accompagner une telle mesure d'éloignement, en ce compris le prononcé une interdiction de retour en France. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté du 30 septembre 2024 ni des autres pièces du dossier, que le préfet de la Somme n'a pas procédé à l'examen de la situation personnelle de M. A D, au regard des éléments que ce dernier a portés à sa connaissance, avant de prendre les décisions attaquées.
5. En quatrième lieu, M. A D soutient qu'il entretient des attaches amicales en France, et une relation de concubinage en précisant que sa compagne est enceinte. Toutefois, il n'apporte aucun élément au soutien de ses affirmations, s'agissant notamment de la relation matrimoniale dont il se prévaut. Aussi, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, l'arrêté attaqué ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été a été pris et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, et alors que le certificat médical qu'il produit faisant état d'une sciatalgie ne suffit pas à établir que son état de santé nécessite des soins incompatibles avec l'éloignement vers son pays d'origine, le moyen tiré de ce que cet arrêté serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en ce compris celles à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais non compris dans les dépens de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D, au préfet de la Somme et à Me Tourbier.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- M. Truy, conseiller honoraire,
- Mme Fass, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mai 2025.
Le rapporteur,
Signé
G. TRUY
Le président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
Le rapporteur,
Signé
G. TRUY
Le président,
Signé
C. BINAND
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026