mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403937 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | RAAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 8 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Raad, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- ces arrêtés ont été signés par une autorité incompétente ;
- ils sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sako, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sako, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 22 octobre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant égyptien né le 1er décembre 1996, est entré en France le 29 décembre 2022, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 25 décembre 2022 au 13 janvier 2023. A la suite de la retenue pour vérification du droit au séjour dont il a fait l'objet, la préfète de l'Oise l'a, par un arrêté du 4 octobre 2024, obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, la même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de
quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
2. En premier lieu, M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, signataire des arrêtés contestés, disposait d'une délégation, en vertu de l'arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer toute décision relevant des attributions de l'État dans ce département, à l'exception de certaines mesures limitativement énumérées, dont ne font pas parties les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés contestés doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision obligeant M. A à quitter le territoire français vise le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de sa situation personnelle et familiale. Par ailleurs, en visant l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant que M. A est de nationalité égyptienne et qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, la préfète a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de destination. En outre, la décision interdisant M. A de retour sur le territoire français vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière justifiant de ne pas prononcer une telle décision. Enfin, la décision portant assignation à résidence mentionne que l'examen de situation de l'intéressé ne fait pas ressortir de force majeure faisant obstacle à l'exécution de sa mesure d'éloignement, et que celle-ci demeure une perspective raisonnable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des arrêtés litigieux ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, M. A fait valoir qu'il réside de manière stable et continue en France depuis son entrée sur le territoire en décembre 2022, qu'il occupe un emploi dans le bâtiment et qu'il entendait présenter sous peu, avec le soutien de son employeur, une demande d'admission au séjour. Toutefois, et alors au demeurant que ces éléments ne sont que partiellement étayés par les pièces produites par le requérant, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire, sans enfant, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Egypte où résident ses parents et ses frères et où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de vingt-six ans. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des arrêtés litigieux sur sa situation personnelle ne peut qu'être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
.
La magistrate désignée,
Signé
B. SAKOLa greffière,
Signé
F. JOLY
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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