mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403945 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CARDOSO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2408485 du 9 octobre 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de
M. B A, sur le fondement des dispositions de l'article R. 922-4 du code de justice administrative.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er et 21 octobre 2024, M. A, représenté par Me Cardoso, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- a méconnu les dispositions de l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne s'est pas vu remettre une information sur les modalités d'exercice de ses droits et obligations ;
- n'est ni nécessaire, ni adapté, ni proportionné et méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète de l'Oise a produit des pièces les 3 et 21 octobre 2024 mais n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sako, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sako, magistrate désignée,
- et les observations de Me Cardoso, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 14 mars 1993, est entré en France en novembre 2019 selon ses déclarations. Interpellé le 24 septembre 2024 dans le département de l'Oise, il a été placé en retenue administrative pour vérification du droit au séjour. Par un arrêté du même jour pris à l'issue de cette procédure, la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Beauvais pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande, par la présente requête, l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
3. Par l'arrêté attaqué, la préfète de l'Oise assigne M. A à résidence sur le territoire de la commune de Beauvais, lui impose de se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de la commune, et lui interdit de sortir du département sans autorisation. Il ressort de ses termes que pour fixer à Beauvais le lieu de l'assignation à résidence, la préfète s'est fondée sur la seule circonstance que l'intéressé avait été interpellé sur le territoire de ce département. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de l'audition de l'intéressé par les services de police, que M. A a été interpellé le 24 septembre 2024, à 7h45, au niveau de la gare de péage de l'autoroute A16 située à Allonne (Oise), qu'il traversait pour se rendre sur son lieu de travail. Lors de son audition, l'intéressé a indiqué que son domicile se situait aux Mureaux, dans les Yvelines, et a présenté une facture pour en justifier. Le requérant produit également, dans le cadre de la présente instance, plusieurs documents tels que des bulletins de paie, des quittances de loyer et des factures, pour justifier qu'il réside à l'adresse indiquée lors de son interpellation, ce qui n'est d'ailleurs nullement contesté en défense. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir qu'en l'assignant à résidence sur le territoire de la commune de Beauvais, la préfète de l'Oise a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence.
Sur les frais d'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à M. A.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Oise a assigné à résidence M. A pour une durée de quarante-cinq jours est annulé.
Article 2 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
B. SAKOLa greffière,
Signé
F. JOLY
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026