vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403955 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, M. A B C, doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 17 septembre 2024 par laquelle le chef du service de police municipale de la commune d'Amiens a prononcé la résiliation de son abonnement en tant que commerçant bénéficiant d'un emplacement sur les marchés Maurice Vast et Colvert de la commune ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision contestée a pour effet de l'empêcher de mener son activité sur ces marchés et de le priver de revenus, que son emplacement risque d'être alloué à un tiers et qu'il est exposé à un risque de perte de marchandises alors que la décision contestée lui a été remise le 6 octobre 2024 et que les prochains marchés doivent se tenir les samedi 12 et dimanche 13 octobre 2024 ;
- une atteinte grave et manifestement illégale est portée à des libertés fondamentales, résultant de la liberté d'entreprendre et de la liberté du commerce et de l'industrie, dès lors qu'il conteste les faits qui lui sont reprochés lesquels n'auraient au demeurant pu entraîner qu'une suspension temporaire, qu'il n'a pas été informé de ses droits à la défense, notamment de ce qu'il pouvait se faire assister d'un avocat à l'occasion de la réunion de la commission des marchés et que la décision a été prise par une autorité incompétente, faute d'avoir été destinataire d'un arrêté du maire de la commune.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans le délai de quarante-huit heures ". Selon l'article
L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Si M. B C soutient que la décision prononçant la résiliation de son abonnement en tant que commerçant sur les marchés Maurice Vast et Colvert de la commune d'Amiens a pour effet de le priver de son activité et, par suite, de compromettre sa situation financière, cette dernière circonstance ne résulte d'aucun élément établissant de telles conséquences, notamment par la production d'éléments comptables ou à tout le moins d'un argumentaire étayé permettant notamment d'évaluer la part de son chiffre d'affaires que représente son activité sur les deux marchés litigieux et par suite l'éventuelle gravité qu'entrainerait sa privation. Il n'est pas plus établi que les pertes de marchandises induites par son impossibilité de participer aux prochains marchés des 12 et 13 octobre 2024 seraient de nature à entraîner un tel effet, ni que son emplacement puisse être définitivement alloué à un tiers alors que le règlement des marchés de la commune précise, en son article 6, que l'allocation d'un tel emplacement ne confère aucun droit à son occupant, fût-il titulaire d'un abonnement. Dans ces conditions, M. B C ne démontre pas que les mesures qu'il sollicite répondraient à une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans les très brefs délais impartis par l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées au titre de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative ne peuvent, faute d'une telle urgence et sans qu'il soit besoin de s'assurer si les autres conditions prévues pour l'application de ces dispositions sont remplies, qu'être rejetées par application de la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code, sans que cette circonstance ne fasse obstacle à ce que M. B C saisisse, s'il s'y croit fondé, le tribunal d'une requête en annulation de la décision contestée et le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 de ce code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B C.
Copie en sera adressée pour information à la commune d'Amiens.
Fait à Amiens, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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