mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2404091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET GILLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Mary, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de rétablir sa liberté de circulation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il a une adresse ;
- la décision l'assignant à résidence a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- la décision l'assignant à résidence est entachée d'une erreur d'appréciation et est disproportionnée dès lors qu'il réside sur le territoire de la commune de Strasbourg.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la prestation de serment de Mme C E, en langue congolaise lingala ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Fass, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 922-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fass,
- les observations de Me Mary, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient en outre que l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de procédure dès lors qu'il ressort du procès-verbal d'audition par les services de police de M. B que celui-ci s'est poursuivi, s'agissant de sa situation administrative, une fois sa garde à vue, relative à une infraction pénale, qui n'a pas donné lieu à poursuites, achevée et que ce détournement de procédure a une incidence sur le sens de la décision attaquée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 3 juillet 2002, a fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet du Bas-Rhin le 12 décembre 2023 l'obligeant à quitter le territoire dans un délai de trente jours. Par un arrêté du 10 octobre 2024, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise, l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Compiègne (Oise), pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le moyen soulevé tenant à ce que la décision refusant de lui accorder un départ volontaire serait entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il dispose d'une adresse, est opérant à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire, en exécution de la mesure d'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet le 12 décembre 2023 et que M. B n'a pas contesté, et n'est toutefois pas opérant à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, adoptée le 10 octobre 2024 pour l'exécution de l'arrêté du 12 décembre 2023, constituant l'unique décision attaquée dans la présente instance. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu le 10 octobre 2024 par les services de la police à la suite de son interpellation, le même jour, notamment sur l'irrégularité de son séjour en France, ainsi que sur l'éventualité de faire l'objet d'une décision d'éloignement, éventuellement assortie d'une assignation à résidence. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé n'allègue pas avoir sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni même avoir été empêché de présenter des observations ou des documents avant que ne soit prise la décision d'éloignement prise à son encontre, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu préalablement à l'édiction de la décision contestée doit être écarté.
4. En troisième lieu, dès lors que la mesure d'assignation et ses modalités d'exécution ont été légalement prises dans le but d'assurer l'exécution de la mesure d'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours dont fait l'objet le requérant, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'un détournement de procédure, ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de vérifier que l'administration pouvait légalement, eu égard aux conditions prévues à l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité au point 7 du présent jugement, prendre une mesure d'assignation à résidence à l'encontre d'un étranger et de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans le choix des modalités de cette mesure. Si une décision d'assignation à résidence doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même. Par ailleurs, les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
7. Par l'arrêté attaqué, la préfète de l'Oise assigne M. B à résidence sur le territoire de la commune de Compiègne, lui impose de se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de la commune, et lui interdit de sortir du département sans autorisation. Il ressort de ses termes que pour fixer à Compiègne le lieu de l'assignation à résidence, la préfète s'est fondée sur la seule circonstance que l'intéressé avait été interpellé sur le territoire de ce département. M. B indique, notamment à l'audience, que son domicile se situe à Strasbourg, dans le Bas-Rhin, et produit de nombreux documents à l'appui de cette allégation, tels qu'une attestation d'hébergement, des convocations notifiées par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), des courriers d'information d'une association localisée à Strasbourg qui lui sont destinés, un courrier de l'office français pour l'immigration et l'intégration (OFII) situé à Strasbourg, un courrier de l'assurance maladie du Bas-Rhin, des ordonnances et certificats médicaux de médecins situés dans ce même département et des photographies. Toutefois, à l'exception de l'attestation d'hébergement, datée du 16 octobre 2024, soit postérieurement à la date de la décision attaquée, l'ensemble des documents produits et attestant que M. B a vécu dans la ville de Strasbourg datent de la période antérieure au mois de novembre 2023. En outre, il ressort, d'une part, de l'attestation d'élection de domicile effectuée en date du 3 avril 2024, que M. B a élu domicile au sein du centre d'action sociale de la ville de Paris et, d'autre part, du procès-verbal d'audition par les services de police, en date du 10 octobre 2024 que M. B indique qu'il réside dans la commune de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ainsi, il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie pas qu'il résiderait dans la commune de Strasbourg. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas du caractère disproportionné de l'assignation à résidence.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Oise du 10 octobre 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
La magistrate désignée,
signé
L. FASSLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026