mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2404110 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BAISECOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Baisecourt, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la préfète de l'Aisne a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 11 août 2022 ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Aisne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, ou à défaut, de lui délivrer un récépissé de première demande salarié l'autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai ;
4°) de prononcer le caractère exécutoire de l'ordonnance dès son prononcé sur le fondement de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle lui serait accordée, ou au requérant dans l'hypothèse où cette dernière ne lui serait pas accordée.
Il soutient que :
- la décision attaquée crée une situation d'urgence, dès lors que son employeur lui a notifié son intention de le licencier d'ici au 30 novembre 2024 en l'absence de document de séjour l'autorisant à travailler, tandis que la tardiveté dans l'instruction de sa demande est imputable aux services préfectoraux, lesquels ont sollicité à plusieurs reprises le formulaire de demande d'autorisation de travail actualisé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, laquelle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle dès lors qu'il justifie de l'exercice d'une activité professionnelle depuis septembre 2018 dans un domaine en tension, qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille et que la mère de cette dernière réside sur le territoire français en situation régulière ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
Vu :
- la requête enregistrée le 17 octobre 2024 sous le n° 2404117 par laquelle
M. B demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et qu'une décision expresse de rejet est intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
2. Il ressort des pièces du dossier que le 11 août 2022, M. B a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour en tant que salarié et que cette demande a été rejetée le lundi 12 décembre 2022 par une décision implicite puis par une décision explicite de rejet le 17 février 2023. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, cette décision explicite s'est substituée à la décision implicite attaquée. Par suite, la demande de suspension de l'exécution de cette dernière doit donc être regardée comme étant également dirigée contre la décision du 17 février 2023.
3. En second lieu, aux termes d'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. Si, d'une part, la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée remplie en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour, il est constant que la demande présentée par M. B le 11 août 2022 tendant à son admission exceptionnelle au séjour en tant que salarié, et ayant donné lieu à la décision contestée, ne tendait pas à un tel renouvellement. Et si, d'autre part,
M. B se prévaut de ce que son employeur est susceptible de procéder à son licenciement d'ici au 30 novembre 2024 en l'absence de délivrance d'une d'autorisation de travail ainsi que du caractère tardif de l'instruction de sa demande, ces conséquences ne sont pas imputables à l'exécution de la décision contestée mais au caractère irrégulier du maintien de l'intéressé sur le territoire français, sans qu'au demeurant l'autorité préfectorale ne soit tenue de lui délivrer une autorisation de travail, ni d'ailleurs une autorisation provisoire de séjour durant l'instruction de sa demande.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la demande que M. B présente sur le fondement de l'article L. 521-1 du même code comme étant dépourvue d'urgence, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction, et celles présentées sur le fondement de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du même code doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé :
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne en ce qui la concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026