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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404301

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2404301

lundi 18 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2404301
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Amiens, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 17 octobre 2024 invalidant le permis de conduire de Mme A. Cette décision était devenue sans objet, le relevé d’information intégral du fichier national du permis de conduire indiquant que le capital de points était redevenu positif, impliquant le retrait de la mesure d’invalidation. La requête de Mme A, qui invoquait un doute sérieux sur la légalité de la décision en raison d’un double enregistrement d’infraction, a donc été rejetée comme non avenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête enregistrée au greffe du tribunal le 3 novembre 2024, sous le n° 2404301,

Mme B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision modèle 48 SI en date du 17 octobre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié la perte de la totalité des points de son permis de conduire, la perte de validité dudit permis et lui a enjoint de restituer son permis de conduire dans un délai de dix jours francs.

Mme A soutient :

- que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies dès lors qu'elle a besoin de son permis de conduire poursuivre ses cours et sa formation en alternance ;

- qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'une même infraction a fait l'objet d'un double enregistrement.

Par mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer.

Vu la décision attaquée.

Vu :

- la requête n° 2404299 enregistrée le 3 novembre 2024 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Par une décision, la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, dans les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : "Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ()". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : "La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l 'urgence de l'affaire".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé d'information intégral du 8 novembre 2024, relatif à la situation de Mme A extrait du fichier national du permis de conduire, produit par le ministre de l'intérieur, que le solde positif du capital suppose que la décision portant invalidation du permis de conduire a été rapportée. Par suite, il y a lieu de considérer que la décision du ministre de l'intérieur est devenue sans objet ainsi que les conclusions de la requête de Mme A aux fins de suspension de celle-ci.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à la suspension de la décision du ministre de l'intérieur portant invalidation de son permis de conduire.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Fait à Amiens, le 18 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé :

G. Truy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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