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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404323

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2404323

mercredi 22 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2404323
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMGL-AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, contestant le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Somme. Le requérant invoquait la méconnaissance de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien et de l'article L. 423-11 du CESEDA, en raison de ses liens familiaux en France et de sa prise en charge par son fils français. Le tribunal a estimé que la faible durée de séjour et l'absence de preuve de liens personnels et familiaux intenses ne caractérisaient pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Il a également jugé que le moyen tiré de l'article L. 423-11 était inopérant, faute de demande sur ce fondement et de preuve de la charge effective par son fils.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Leandri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour.

Il soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il remplit les conditions dès lors qu'il vit en France et est à la charge de son fils français D B ;

- la décision attaquée méconnait également les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien dès qu'il entretient des liens personnels et familiaux avec la France particulièrement importants.

Le préfet de la Somme a produit des pièces enregistrées le 2 décembre 2024.

Par une ordonnance en date du 22 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Wavelet, rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien né le 4 février 1958, est entré sur le territoire français le 23 octobre 2023 sous couvert d'un visa valable du 15 juillet 2023 au 14 janvier 2024. Il a sollicité le 9 juillet 2024 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 23 septembre 2024 dont il demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 23 octobre 2023, à l'âge de 65 ans, sous couvert d'un visa valable du 15 juillet 2023 au 14 janvier 2024. S'il soutient que ses parents sont décédés, que son ancienne épouse dont il est divorcé réside en France ainsi que ses trois fils de nationalité française dont l'un d'entre eux, à la charge duquel il vit, l'héberge, il n'établit aucune de ces allégations. En tout état de cause, eu égard à la faible durée de sa présence en France et alors qu'il ne démontre ni que sa présence auprès de ses fils présenterait un caractère indispensable, ni qu'il ne pourrait leur rendre visite sous couvert d'un visa de court séjour, le requérant ne peut être regardé comme justifiant de liens personnels et familiaux en France tels que le préfet de la Somme aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé ne démontre au demeurant pas plus être privé de tels liens dans son pays d'origine, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit ainsi être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, parent à charge d'un français et de son conjoint, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour ".

5. Le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées dès lors qu'il n'a pas demandé la délivrance d'un titre de séjour sur leur fondement, sur lequel le préfet de la Somme ne s'est d'ailleurs pas prononcé. En tout état de cause, et ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le requérant n'établit pas par ses seules allégations qu'il serait à la charge de l'un de ses enfants français. Le moyen doit ainsi et en tout état de cause être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par

M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Somme.

Délibéré après l'audience du 8 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- M. Wavelet, premier conseiller,

- M. Harang, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2025.

Le rapporteur,

signé

F. Wavelet

Le président,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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