mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2404537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CACCIAPAGLIA |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024 sous le n°2404537, et des pièces complémentaires, enregistrées le 10 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 20 septembre 2024, par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a prononcé le retrait de son agrément d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de l'Oise de procéder au rétablissement de cet agrément dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Oise une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée crée une situation d'urgence, dès lors, d'une part, que la décision de retrait d'agrément l'empêche d'exercer son activité professionnelle, caractérisant un trouble dans ses conditions d'existence eu égard notamment aux conséquences négatives sur son état psychologique, et que d'autre part, cette décision a pour effet de la placer dans une situation de précarité financière en la privant de toute ressource et qu'enfin, aucun intérêt public ne justifie l'exécution de la décision contestée ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle est signée par une autorité incompétente qui ne justifie pas d'une délégation de signature ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle méconnait l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que, d'une part, elle n'a pas reçu copie de l'entièreté de son dossier administratif, lequel ne comporte aucun témoignage ni aucun autre élément permettant d'étayer les faits sur lesquels se fonde la décision contestée, de sorte qu'elle n'a pas pu préparer utilement sa défense, et d'autre part, que les membres de la commission consultative paritaire départementale n'ont pas été préalablement informés des faits qui lui sont reprochés ;
- pour ces raisons, la décision contestée méconnait le principe général des droits de la défense ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 421-3 et
L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que les faits sur lesquels se fondent la décision contestée ne la concerne pas directement mais sont reprochés à son époux et qu'ils ne présentent pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité qui révélerait une situation d'urgence, tandis que leur matérialité n'est pas établie ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2024, le département de l'Oise, représenté par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la situation d'urgence n'est pas établie ;
- les moyens de la requête ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
II. Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024 sous le n°2404538, et des pièces complémentaires, enregistrées le 10 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 septembre 2024, par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a prononcé son licenciement de ses fonctions d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de l'Oise de procéder à sa réintégration dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Oise une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée crée une situation d'urgence, dès lors, d'une part, que la décision de retrait d'agrément l'empêche d'exercer son activité professionnelle, caractérisant un trouble dans ses conditions d'existence eu égard notamment aux conséquences négatives sur son état psychologique, et que d'autre part, cette décision a pour effet de la placer dans une situation de précarité financière en la privant de toute ressource et qu'enfin, aucun intérêt public ne justifie l'exécution de la décision contestée ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle est signée par une autorité incompétente qui ne justifie pas d'une délégation de signature ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles en l'absence d'entretien préalable à la décision de licenciement ;
- pour cette raison, elle a été privée d'une garantie ce qui méconnait le principe général des droits de la défense et le principe du contradictoire ;
- elle méconnait l'article L. 423-11 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'elle n'a pas bénéficié d'un préavis de deux mois ;
- elle méconnait l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la décision contestée ne prévoit pas le versement de l'indemnité compensatrice prévu par ces dispositions en l'absence du respect du délai de préavis de deux mois ;
- le département de l'Oise ne lui a pas remis le certificat prévu par l'article 38 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 ni les documents prévus par l'article R. 1234-9 du code du travail ;
- la décision de licenciement est illégale à raison de l'illégalité de la décision de retrait de son agrément.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2024, le département de l'Oise, représenté par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la situation d'urgence n'est pas établie ;
- les moyens de la requête ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes enregistrées sous les n°s 2404532 et 2404533 par lesquelles Mme B demande l'annulation des décisions contestées.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, juge des référés ;
- les observations de Me Nouvian, substituant Me Cacciapaglia, assistant
Mme B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Belal-Cordebar, représentant le département de l'Oise.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience publique, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande, par ses deux requêtes n° 2404537 et n° 2404538 qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par une même ordonnance, la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles la présidente du conseil départemental de l'Oise a prononcé le retrait de son agrément d'assistante familiale puis son licenciement.
2. Aux termes de L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mme B et
ci-dessus visés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions que Mme B présente sur le fondement de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que le département de l'Oise demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes n° 2404537 et 204538 présentées par Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de l'Oise sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au département de l'Oise.
Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés,
Signé :
S. Thérain
La greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Nos 2404537 et 2404538
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026