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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404601

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2404601

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2404601
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantPORCHER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. C, ressortissant algérien incarcéré, qui contestait un arrêté préfectoral du 21 novembre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour de trois ans. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire, le secrétaire général de la préfecture bénéficiant d'une délégation de signature régulièrement publiée. Il a également jugé que l'identité du requérant était suffisamment identifiable dans l'arrêté, rejetant le vice de forme allégué. La décision s'appuie notamment sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 novembre et le 3 décembre 2024, M. C, représenté par Me Porcher, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

1°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- a été pris par une autorité incompétente ;

- est entaché d'un vice de forme dès lors que qu'il ne permet pas d'identifier clairement et précisément l'identité du requérant.

Le préfet de la Somme a produit des pièces, enregistrées le 2 et le 4 décembre 2024, qui ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Fass, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 922-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fass,

- les observations de Me Porcher, avocat commis d'office, représentant M. C, qui s'en remet à ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 25 septembre 1994, actuellement incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens, déclare être entré en France en 2019. Par un arrêté du 21 novembre 2024, le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. Emmanuel Moulard, secrétaire général de la préfecture de la Somme, lequel disposait pour ce faire d'une délégation de signature du préfet en date du 15 janvier 2024 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

3. En second lieu, si M. C soutient que la décision attaquée ne permet pas d'identifier clairement et précisément son identité, il ressort toutefois des termes mêmes de cette décision que M. A D, né le 15 juillet 1993 utilise également un alias du nom de M. B C, né le 25 septembre 1994. Ces éléments suffisent à identifier clairement et précisément l'identité du requérant. Par suite, ce moyen, à le supposer opérant, manque en fait et doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé :

L. FASSLa greffière,

Signé :

N. WROBEL

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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