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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404633

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2404633

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2404633
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCHAIB HIDOUCI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Chaib Hidouci, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 septembre 2024 par laquelle le préfet de l'Aisne a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aisne de lui accorder le bénéfice de sa demande de regroupement familial dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée crée une situation d'urgence, dès lors que le délai anormalement long du traitement de sa demande l'a empêché de vivre avec son épouse sur le territoire français alors même que sa présence quotidienne à ses côtés est nécessaire en raison de la pathologie dont il est atteint ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dès lors que le préfet ne pouvait légalement lui opposer l'absence d'une rampe d'escalier et d'un détecteur de fumée dans l'appartement qu'il occupe, et alors qu'il a procédé à l'installation d'un tel détecteur le 8 octobre 2024 ;

- elle méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que la présence quotidienne de son épouse à ses côtés est nécessaire en raison de la pathologie dont il est atteint.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Selon son article R. 522-1 : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Si M. A, afin d'établir la situation d'urgence dont il se prévaut, soutient que la pathologie dont il est atteint requiert la présence quotidienne de son épouse à ses côtés, il ne résulte pas du certificat médical établi le 28 octobre 2024 qu'à raison des troubles cardiaques de l'intéressé, au demeurant insuffisamment décrits, cette présence particulière soit rendue indispensable. Alors que le rejet d'une demande de regroupement familial ne fait par ailleurs pas directement obstacle à la poursuite de la vie en commun des membres d'une famille, dès lors que le requérant ne démontre notamment pas ne pas être en mesure de rejoindre son épouse dans son pays d'origine, ni que celle-ci ne pourrait le rejoindre fut-ce temporairement sur le territoire français sous couvert d'un visa de court séjour, M. A n'établit pas par cette argumentation que les effets de la décision attaquée seraient en eux-mêmes de nature à porter atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions que le requérant présente sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue par son article L. 522-3 comme étant dénuées d'urgence. Ses conclusions aux fins d'injonctions ainsi que celles qu'il présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du même code doivent, par conséquent, être également rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

Juge des référés,

Signé :

S. Thérain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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