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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404909

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2404909

vendredi 20 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2404909
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantHOMEHR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté comme manifestement irrecevable la demande de suspension d'un permis de démolir délivré par la commune de Prouzel à Amsom Habitat. Le juge des référés a constaté que le délai de deux mois pour invoquer des moyens nouveaux, prévu à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, était expiré à la date de la requête. En application de l'article L. 600-3 du même code, la demande de suspension était donc tardive. La requête a été rejetée sans examen de l'urgence ou des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Homehr demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté n° PD 80643 21 P002 portant permis de démolir, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Prouzel et de l'office public de l'habitat Amsom Habitat le versement d'une somme de 2 000 euros chacune sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est établie dès lors que les travaux de démolition viennent de commencer et qu'ils emportent des risques de pollution affectant gravement tant sa situation, en tant que voisin immédiat que la sécurité et la salubrité publiques ;

- les moyens tirés de l'incomplétude du dossier de demande de permis de démolir, de l'absence d'évaluation environnementale, de l'absence d'accomplissement des formalités préalables à la cessation d'activité d'une installation classée pour la protection de l'environnement prévues par le code de l'environnement, et de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu des risques que les opérations de démolition emportent pour la salubrité publique sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de cet arrêté.

Vu :

- la requête de M. B enregistrée sous le n° 2400723 le 22 février 2024.

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. Le 5 octobre 2023, l'office public de l'habitat Amsom Habitat a déposé une demande de permis de démolir des silos et hangars sur les parcelles cadastrées section

AB n° 83 et n° 135 situées impasse de la gare sur le territoire de la commune de Prouzel. Par un arrêté n° PD 80643 21 P002 du 17 novembre 2023, l'adjoint délégué par le maire de la commune de Prouzel a délivré le permis sollicité. Par sa requête,

M. A B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté et de la décision du 23 janvier 2024 par laquelle le maire de la commune de Prouzel a rejeté son recours gracieux à l'encontre de ce permis de démolir.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé () contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. ".

L'article R. 600-5 du même code, dispose : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, () les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. "

4. Il résulte des articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 600-3 du code de l'urbanisme qu'une demande de suspension d'un permis de démolir n'est recevable, quel qu'en soit le fondement, que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. Il appartient au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de s'assurer, le cas échéant d'office, en se fondant sur la chronologie de la procédure dans l'instance au fond engagée par le requérant et alors même que cette circonstance ne ressortirait pas des pièces du dossier de la demande en référé, que le délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge de l'excès de pouvoir saisi en premier ressort n'est pas expiré.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction, que le premier mémoire en défense du recours n° 2400723 de M. B dirigé contre le permis de démolir en cause a été communiqué le 12 septembre 2024 par la voie de l'application Télérecours au conseil du requérant, qui l'a consulté le lendemain, ainsi que cela ressort de l'accusé délivré par cette application. A la date de l'introduction de la présente requête en référé, le 17 décembre 2024, le délai de deux mois prévu aux dispositions précitées était donc expiré.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement irrecevable. Par suite, elle doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Amiens, le 20 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé :

C. BINAND

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2404909

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