mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2404964 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 et 23 décembre 2024, la société "Traiteur J" demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation du marché de services portant sur l'exploitation de la restauration et de la commercialisation d'espaces sur l'hippodrome de Chantilly engagée par l'association France Galop ou d'exclure la société "Mamie à Bastille" de la procédure de passation et de lui attribuer le marché ;
2°) d'enjoindre à l'association France Galop de procéder à la communication du procès-verbal des délibérations, du contrat relatif au marché d'attribution de l'hippodrome de Saint Cloud, des critères détaillés de notation et leurs pondérations ainsi que du tableau comparatif des offres, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'association France Galop une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'attribution du marché litigieux porte une atteinte grave et immédiate à sa situation économique et compromet sa capacité à accéder à d'autres marchés similaires ;
- le contrat a été signé en méconnaissance de l'effet suspensif conféré au référé précontractuel en application de l'article L. 551-4 du code de justice administrative ;
- l'information délivrée relative aux motifs de rejet de son offre est insuffisante ;
- le pouvoir adjudicateur n'a pas procédé à la communication des critères de notation malgré plusieurs demandes en ce sens ;
- le pouvoir adjudicateur a méconnu le principe d'égalité de traitement des candidats, dès lors que la société attributaire a obtenu la note maximale tandis qu'elle justifie d'une expérience moins importante qu'elle dans le secteur de la restauration ;
- les relations étroites qu'entretient la société attributaire avec le pouvoir adjudicateur sont de nature à créer un doute légitime quant à l'impartialité de ce dernier ;
- le pouvoir adjudicateur a erronément apprécié la valeur technique de son offre, dès lors qu'elle a produit à l'appui de son offre une quinzaine de lettres de recommandation et qu'elle justifie de la réalisation de prestations similaires pour l'association France Galop.
L'association France Galop a produit des pièces le 23 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique ./(). Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs conférés au juge du référé précontractuel ne peuvent plus être exercés après la conclusion du contrat. Par suite, une requête en référé précontractuel présentée après la signature de celui-ci est irrecevable, alors même que la signature de ce contrat serait irrégulièrement intervenue avant l'expiration du délai devant être laissé aux candidats évincés pour le cas échéant saisir le juge, ce qui est seulement susceptible de leur ouvrir la possibilité d'introduire un référé contractuel. De même, la signature, le cas échéant irrégulière, après l'introduction d'un référé précontractuel n'entraîne pas moins qu'il n'y ait plus lieu à statuer au titre de cette dernière procédure.
4. Il résulte de l'instruction que l'acte d'engagement du contrat dont la procédure de passation est contestée par la société Traiteur J a été signé le 17 décembre 2024, et non d'ailleurs le 16 décembre 2024, contrairement à ce que soutient la société requérante qui ne se fonde que sur la date de signature d'un seul des deux cocontractants. En tout état de cause, cette signature est intervenue, quelle que soit cette date, avant que cette dernière n'introduise sa requête en référé précontractuel. Par suite, en admettant que la requête relève de la compétence de la juridiction administrative, alors que la procédure a été engagée par l'association France Galop, personne morale de droit privé, et qu'il demeure incertain qu'elle agissait alors pour le compte de la personne publique propriétaire de l'ouvrage, cette requête est en tout état de cause manifestement irrecevable et doit être rejetée sur le fondement du 4° de l'article
R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Traiteur J est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Traiteur J et à l'association France Galop.
Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé :
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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