mardi 14 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2500058 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CANDON BENOIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 12, 13 et 14 janvier 2025, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. C B et M. A D, représentés par Me Candon, demandent au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 779-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2025, par lequel le préfet de l'Oise les a mis en demeure de quitter le terrain qu'ils occupent au 1 chemin de Paris à Nanteuil-le-Haudouin dans un délai de 48 heures, à défaut de quoi il sera procédé à leur évacuation forcée, à tout le moins en tant qu'il n'a accordé qu'un délai de 48 heures ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué méconnait le II) de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 en l'absence de demande du maire de Nanteuil-le-Haudouin ou du propriétaire ou du titulaire du droit d'usage du terrain occupé ;
- il méconnaît l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 dès lors que le maire de
Nanteuil-le-Haudouin n'avait pas compétence pour interdire le stationnement des gens du voyage sur le territoire communal ;
- il méconnait le I) de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 dès lors que l'occupation litigieuse n'est pas de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ;
- le délai de 48 heures laissé pour quitter les lieux est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 13 janvier 2025, le préfet de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La commune de Nanteuil-le-Haudouin, représentée par son maire, a produit des observations le 13 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Liénard, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 779-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Liénard a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 janvier 2025, le préfet de l'Oise a mis en demeure les occupants des résidences mobiles installées sur le terrain situé 1 chemin de Paris à
Nanteuil-le-Haudouin de quitter ces lieux dans un délai de 48 heures à compter de sa notification. Par la requête susvisée, M. B et M. D demandent l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 : " I.- Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie. () / 1° L'établissement public de coopération intercommunale a satisfait aux obligations qui lui incombent en application de l'article 2 ; / 2° L'établissement public de coopération intercommunale bénéficie du délai supplémentaire prévu au III du même article 2 ; / 3° L'établissement public de coopération intercommunale dispose d'un emplacement provisoire agréé par le préfet ; / 4° L'établissement public de coopération intercommunale est doté d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage, sans qu'aucune des communes qui en sont membres soit inscrite au schéma départemental prévu à l'article 1er ; / 5° L'établissement public de coopération intercommunale a décidé, sans y être tenu, de contribuer au financement d'une telle aire ou de tels terrains sur le territoire d'un autre établissement public de coopération intercommunale ; / 6° La commune est dotée d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage conformes aux prescriptions du schéma départemental, bien que l'établissement public de coopération intercommunale auquel elle appartient n'ait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations () / II.- En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. / La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain () ". Selon le I de l'article
L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales : " I. A. () Par dérogation à l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement leurs attributions dans ce domaine de compétences () III. Si un ou plusieurs maires des communes concernées se sont opposés au transfert de leurs pouvoirs de police, le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales peut, à compter de la première notification de l'opposition et jusqu'à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la fin de la période pendant laquelle les maires étaient susceptibles de faire valoir leur opposition, renoncer, dans chacun des domaines mentionnés au A du I, à ce que les pouvoirs de police spéciale des maires des communes membres lui soient transférés de plein droit. () Dans ce cas, le transfert des pouvoirs de police n'a pas lieu. ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été adopté à la demande du centre communal d'action sociale de Nanteuil-le-Haudouin, propriétaire du terrain occupé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du II) de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la légalité de l'arrêté de mise en demeure du 10 janvier 2025 pris par le préfet de l'Oise sur le fondement du II de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, est subordonnée à celle de l'arrêté du maire de Nanteuil-le-Haudouin du 14 mars 2024, interdisant le stationnement des résidences mobiles des gens du voyage sur l'ensemble du territoire communal, sur le fondement des dispositions du I de l'article 9 de la même loi.
5. Par ailleurs, il résulte des dispositions citées au point 2 que lorsqu'une commune, inscrite au schéma départemental, est dotée d'une aire d'accueil ou est membre d'un groupement de communes qui est compétent pour la mise en œuvre du schéma départemental, le préfet ne peut mettre en œuvre la procédure prévue à l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 que si un arrêté interdisant le stationnement des résidences mobiles a été auparavant pris par le maire. Si les obligations d'une commune en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage ont été transférées à un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre, il appartient alors au président de cet établissement public de prendre l'arrêté interdisant le stationnement des résidences mobiles, à moins que le maire de la commune concernée ne se soit opposé au transfert de compétence de ce pouvoir de police spéciale ou que le président de l'établissement public de coopération intercommunale ait refusé ce transfert de compétence.
6. Il ressort des pièces du dossier que le président de la communauté de communes du Pays de Valois a expressément renoncé au transfert de plein droit des pouvoirs de police des maires, notamment ceux mentionnés à l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales, par une décision du 15 septembre 2020 transmise à la préfète de l'Oise. Les requérants n'apportent aucun commencement de preuve à l'appui de leurs allégations selon lesquelles ces décisions ne seraient pas exécutoires.
7. Par suite, le maire de Nanteuil-le-Haudouin était compétent pour réglementer le stationnement des gens du voyage sur le territoire de la commune, ce qu'il a fait par un arrêté du 14 mars 2024 qui interdit le stationnement des résidences mobiles des gens du voyage sur l'ensemble du territoire de la commune. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'incompétence du maire de Nanteuil-le-Haudouin pour prendre l'arrêté du 14 mars 2024, au soutien de leurs conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 10 janvier 2025.
8. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de gendarmerie du 10 janvier 2025 et des photographies versées au dossier que 20 caravanes et
17 véhicules se sont installés sur un terrain appartenant au CCAS de Nanteuil-le-Haudouin situé chemin de Paris à la suite du bris du cadenas verrouillant le portail d'accès au site. Le rapport de gendarmerie a constaté des jets d'ordures sauvages ainsi que l'absence d'installation d'évacuation des eaux usées, ainsi que la présence d'appareils à gaz ou inflammables à moins de 200 mètres d'une station-essence. Les circonstances que les caravanes en cause comporteraient des sanibroyeurs et que les requérants mettent leurs ordures ménagères dans des bennes sont sans influence sur l'inadaptation du site à accueillir des occupants dès lors qu'il ne dispose d'aucun équipement ni d'aucun aménagement pour l'accueil notamment des gens du voyage, étant dépourvu notamment d'installations sanitaires, de système d'évacuation des eaux usées et de moyens de collecte de déchets. Dans ces conditions, l'existence d'une atteinte à la sécurité et à la salubrité publiques résultant de l'occupation irrégulière est établie.
9. En dernier lieu, eu égard, d'une part, aux risques pour la sécurité et la santé publiques constitués par l'occupation illégale en cause et, d'autre part, à l'absence d'éléments susceptibles d'établir qu'aucune place au sein des aires d'accueil spécialement aménagées à cet effet ne serait disponible à proximité, le délai de 48 heures laissé par l'arrêté attaqué aux requérants pour quitter les lieux n'est pas entaché d'erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2025. Par voie de conséquence, leur requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B et de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à M. A D et au préfet de l'Oise.
Copie en sera adressée à la commune de Nanteuil-le-Haudouin et à la communauté de communes du Pays de Valois.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.
Le juge des référés,
Signé :
Q. Liénard La greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026