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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2500066

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2500066

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2500066
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. B, qui contestait un arrêté préfectoral du 17 juillet 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant l'Algérie comme pays de destination et prononçant une interdiction de retour de cinq ans. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 12 janvier 2025, était tardive car introduite après l'expiration du délai de recours de sept jours suivant la notification de l'arrêté, intervenue le 18 juillet 2024. Cette irrecevabilité manifeste, fondée sur les articles L. 614-1, L. 614-2, L. 921-2 et R. 921-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a conduit au rejet de la demande sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire, enregistrée le 12 janvier 2025, M. C B, représenté par Me Dalmas, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. Truy pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

D'une part, aux termes de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par () le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : () / 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ". Aux termes de l'article L. 614-2 du même code : " () Lorsque l'étranger est placé en rétention administrative, ces décisions peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-2. " Aux termes de l'article L. 921-2 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. () ". Aux termes de l'article R. 921-3 du même code : " Les délais de recours de sept jours et quarante-huit heures respectivement prévus aux articles L. 921-1 et L. 921-2 ne sont susceptibles d'aucune prorogation ".

3. L'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet de la Somme a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans lui a été notifié par voie administrative le 18 juillet 2024 à 14h30. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B a été placé en rétention par un arrêté du 10 janvier 2025, notifié par voie administrative le jour même à 9 heures 16 qu'il a refusé de signer. L'arrêté attaqué du 17 juillet 2024 mentionnait les voies et délais de recours et a été notifié dans une langue que comprend M. B. La requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 12 janvier 2025 à 19 heures 55, soit après l'expiration des délais de recours de sept jours applicables s'agissant d'une personne incarcérée. Par suite, cette requête, qui est tardive, ne saurait être régularisée et doit donc être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B par application des dispositions du 4° de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Une copie en sera adressée au préfet de la Somme.

Fait à Amiens, le 14 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

Signé :

G. Truy

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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