vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2500148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | COUTEL ALEXANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, Mme B E, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur D A et représentée par
Me Coutel, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2025, par lequel le ministre de l'intérieur a renouvelé, sur le fondement de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure et pour une durée de 3 mois à compter du 25 janvier 2025, les obligations prescrites à ce dernier de ne pas se déplacer en dehors du territoire de la commune C sans avoir obtenu au préalable une autorisation écrite, de se présenter au commissariat de police C une fois par jour, de confirmer son adresse et de justifier de son lieu d'habitation ainsi que de déclarer tout changement de domicile au plus tard lors de la première présentation au commissariat suivant ce changement.
Elle soutient que la décision attaquée méconnaît l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure, d'une part, en l'absence de raisons suffisamment sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et, d'autre part, alors qu'il n'est pas démontré qu'il continue d'entretenir des contacts avec des personnes considérées comme pro-djihadistes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, vice-président désigné,
- les observations de Me Coutel, représentant Mme E, en qualité de représentante légale de son fils mineur D A, ainsi que celles du représentant du ministre de l'intérieur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur D A, demande l'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2025, par lequel le ministre de l'intérieur a renouvelé, sur le fondement de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure et pour une durée de 3 mois à compter du 25 janvier 2025, les obligations prescrites à ce dernier de ne pas se déplacer en dehors du territoire de la commune C sans avoir obtenu au préalable une autorisation écrite, de se présenter au commissariat de police C une fois par jour, de confirmer son adresse et de justifier de son lieu d'habitation ainsi que de déclarer tout changement de domicile au plus tard lors de la première présentation au commissariat suivant ce changement.
2. Aux termes de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure : " Aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme, toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qui soit entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, soit soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes peut se voir prescrire par le ministre de l'intérieur les obligations prévues au présent chapitre ". Selon l'article L. 228-2 du même code : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à la personne mentionnée à l'article L. 228-1 de : / 1° Ne pas se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l'intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s'étend, le cas échéant, aux territoires d'autres communes ou d'autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ; / 2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d'une fois par jour, en précisant si cette obligation s'applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; / 3° Déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation. / () Les obligations prévues aux 1° à 3° du présent article sont prononcées pour une durée maximale de trois mois à compter de la notification de la décision du ministre. Elles peuvent être renouvelées par décision motivée, pour une durée maximale de trois mois, lorsque les conditions prévues à l'article L. 228-1 continuent d'être réunies () ". Enfin, aux termes du même article : " () Toute décision de renouvellement des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article est notifiée à la personne concernée au plus tard cinq jours avant son entrée en vigueur. La personne concernée peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il délègue l'annulation de la décision dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification () ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la note établie par les services de renseignement versée par le ministre au débat contradictoire, dont aucun des éléments de fait qu'elle établit n'est sérieusement contredit, que M. A a développé un attrait marqué pour les armes blanches et à feu et qu'à l'occasion d'une visite domiciliaire réalisée le 16 juillet 2024 sur autorisation du juge des libertés et de la détention de Paris, ont été retrouvés dans ses effets personnels un poignard ainsi que plusieurs dessins représentant des hommes armés et des scènes d'exécution. L'intéressé a en outre publié ou relayé au cours du mois de juillet 2024 sur des comptes de réseaux sociaux lui appartenant plusieurs messages incitant à des actes de terrorisme, faits ayant d'ailleurs justifié une déclaration de culpabilité du chef d'apologie publique d'un tel acte au moyen d'un service de communication au public en ligne, prononcée par un jugement du 2 décembre 2024 du tribunal pour enfants C, dans l'attente de l'audience du 26 mai 2025 à l'issue de laquelle cette juridiction se prononcera sur sa peine. Ces éléments, qui demeurent récents, sont de nature à établir qu'il existe des raisons sérieuses de penser que le comportement de M. A continue de constituer une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics à la date à laquelle l'arrêté attaqué a renouvelé les mesures de contrôle et de surveillance dont il a précédemment fait l'objet.
4. D'autre part, les publications sur les réseaux sociaux des 1er et 3 juillet 2024 par lesquelles l'intéressé a diffusé ou relayé des messages de partisans d'une idéologie djihadiste ainsi qu'une vidéo mettant en scène des individus incitant au djihad, et à raison desquels
M. A a fait l'objet de la condamnation évoquée ci-dessus, sont suffisamment récentes pour établir également que l'intéressé soutient ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes, y compris à la date d'intervention de l'arrêté attaqué.
5. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de s'interroger sur le point de savoir si l'autre condition alternative prévue à l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure demeurait satisfaite et, par suite, si l'intéressé continuait d'entrer en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant à de tels actes à la date de sa décision, le ministre pouvait légalement se fonder sur l'ensemble de ces éléments pour considérer que les conditions prévues par ces mêmes dispositions continuaient d'être réunies à la date à laquelle il a renouvelé les mesures de contrôle et de surveillance imposées à M. A.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme E, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur D A, n'est pas fondée demander par les moyens qu'elle invoque l'annulation de l'arrêté attaqué et que sa requête doit en conséquence être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Somme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.
Le vice-président désigné,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026